‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 95 sur 135 · ÉCLECTISME DE RAM MOHUN ROY · texte numérisé non relu

ÉCLECTISME DE RAM MOHUN ROY

individuelle, il s'attacha presque exclusivement à la première, compilant les Vêdas pour y trouver des armes contre le polythéisme de ses contemporains. On ne peut donc l'appeler un monothéiste, en tant que cette dénomination s'applique aux partisans d'un Dieu distinct et personnel, comme le Jéhovah de Moïse ou l'Allah de Mahomet. Mais, tout en restant fidèle sous ce rapport à l'esprit de la tradition védique, il semble avoir fait exclusivement consister l'essence de la religion dans la reconnaissance de l'unité divine, que ce principe se formulât par le panthéisme des Vêdas ou par le monothéisme de la Bible et du Coran. Aussi regardait-il comme également vénérables tous ceux qui l'avaient enseigné : Moïse et Jésus-Christ, Nyaça et Mahomet. Cette tendance éclectique s'affirme notamment dans son ouvrage sur les Préceptes de JésiiSj guides de la paix et du bonheur (182i3), où il rend hommage à la valeur morale du christianisme, tout en contestant la divinité de son fondateur.

On a dit que Ram Mohun Roy se plaisait à passer pour un vêdântin près des Hindous, pour un chrétien près des protestants et pour un disciple du Coran près des sectateurs de l'Islam. La vérité est que son éclectisme égalait sa sincérité. On cite ce fait curieux qu'il fit passer à l'unitarisme un missionnaire baptiste qui a rendu de grands services à la cause de l'instruction publique dans l'Inde, le Rév.W. Adams. Il puisa, à son tour, dans les réunions religieuses tenues par le Rév. Adams à Calcutta, l'idée d'organiser un culte théiste à l'usage dès Hindous .

Déjà auparavant, il avait groupé ses adhérents dans

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r.ne association intitulée Atmiya Sabliâ (société spirituelle). En 18219, il y introduisit la célébration d'un service divin subdivisé en quatre parties : récitation de textes védiques, lecture d'un extrait desOupanishads, sermon, hymnes. La nouvelle secte ne tarda pas à être connue sous le nom de Brahma Sabhâ ou Brahma Samâj, la Société de Dieu. On sait que, dans la théologie hindoue, Brahma n'est pas seulement le premier personnage de la trinité, mais encore que son acception neutre hrahman sert à désigner l'Être absolu et éternel, dont Brahma, Vishnou et Siva personnifient respectivement les forces créatrices, conservatrices et destructrices.

Dès 1830, le Brahma Samâj s'installait dans une maison que son fondateur lui avait achetée à Calcutta. L'acte de donation porte que « ce local restera exclusivement consacré aux sermons, prêches, conférences, prières et hymnes qui seraient de nature à favoriser la contemplation de l'Auteur et Conservateur de l'univers, le progrès de la charité, de la moralité, de la sympathie, de la vertu, enfin le raffermissement des liens entre les hommes de tous les cultes et de toutes les croyances » . Un appartement y était réservé aux l^rahmanes pour la lecture des textes ésotériques, qui dans les Vêdas ne peuvent être communiqués aux autres castes.

Malheureusement, peu après, Bâm Mohun Boy s'embarquait à destination de l'Angleterre, où il était envoyé, avec le titre de rajah, pour soutenir certaines réclamations du Grand-Mogol près du cabinet de Saint- James. Il y avait longtemps qu'il caressait le projet de

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