‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 100 sur 135 · S2 STHCRËTISHE DE LA NOUVELLE DISPENSATION · texte numérisé non relu

S2 STHCRËTISHE DE LA NOUVELLE DISPENSATION

qu'une portée temporaire et partielle. Il n'y a pas jusqu'à la religion d'Auguste Comte dont il ne semble avoir imité la distinction d'un culte absfrait et d'un culte concret pour tous lesjours de l'année, le premier s'adressant à des fails généraux ou à des catégories sociales, le second à des personnages considérés comme types. Ainsi, le Brahmo Pocket Almanac de 1883 assigne respectivement à chaque jour de la semaine une double destination, indiquée par le tableau suivant :

I. — Harmonie des Prophètes. — Le lundi est consacré aux Rishis; le mardi, à Chaitanya; le mercredi, à Moïse ; le jeudi, à Socrate ; le vendredi, à Bouddha ; le samedi, aux savants; le dimanche, à Jésus-CIirist.

II. — Ordre des devoirs. — Le lundi est consacré à la famille et aux enfants; le mardi, aux serviteurs; le mercredi, aux bienfaiteurs ; le jeudi, aux ennemis ; le vendredi, aux créatures inférieures; le samedi, aux pauvres; le dimanche, aux saints trépassés.

Dans le même ordre d'idées, on trouve encore parmi les créations les plus curieuses de Keshub, la « communion des saints » qui fonctionne de la sorte : Les fidèles choisissent quelque personnage célèbre de l'histoire, — Moïse, MahometjSocrate, Chaitanya, Théodore Parker, etc., — et, pendant une huitaine de jours, ils s'occupent exclusivement d'étudier ses œuvres ou de méditer sur sa carrière; après quoi, ils se réunissent dans un lieu transformé pour la circonstance en I^ocalité historique de la Palestine, de la Grèce, de l'Arabie, de l'Amérique. Là, on évoque en imagination le pro*

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phète ou le philosophe ; on s'efforce de ressusciter sa vie et son milieu; on devise sur le vrai sens de ses enseignements; enfin on conjecture ce qu'il dirait et ferait de nos jours. — C'est ce que Keshub appelle des pèlerinages subjectifs.

« On nous a demandé d'expliquer, dit-il, ce que nous entendons par ces pèlerinages. Ce sont simplement des applications pratiques de cette subjectivité qui caractérise la Nouvelle Dispensation. Nous faisons ' un pèlerinage aux grands saints et nous communions avec eux en esprit, supprimant la distance du temps et de l'espace. Nous entrons eu eux et ils entrent en nous. Nous les portons dans notre âme; nous nous pénétrons de leur caractère et de leurs principes. Nous sommes au-dessus de l'erreur populaire qui matérialise les esprits des saints disparus ; nous ne croyons pas davantage à leur présence réelle, ici, là, partout. Nous pensons qu'ils existent toujours, mais nous ne pouvons savoir où ils sont; ce qui ne nous empêche pas de les saisir dans notre conscience, pourvu que nous soyons des hommes de foi et de prière. S'ils ne sont pas présents en personne, ils peuvent être introduits en esprit dans notre vie et dans notre caractère. Nous pouvons les faire vivre et grandir en nou^. Tant sont merveilleux le pouvoir absorbant de l'âme humaine, sa puissance de réceptivité, l'impressionnabilité de sa substance ! »

Le fondateur de la Nouvelle Dispensation a même appelé le théâtre à son aide et orgonisé à Calcutta la représentation d'un drame intitulé : l'Harmonie des religions, qui est dû à la plume d'un de ses disciples.

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Keshiib y remplit le personnï^e d'un jongleur ^ Entre antres « tours » qu'il exécute devant le public, se trouve la fusion instantanée, en un symbole unique, d'une croix, d'un croissant, de Vom (la syllabe sacrée des vêdântins), du trident de Siva et du khunti des vishnouites. Un autre exercice consiste à montrer le corps d'un oiseau qui est censé représenter la colombe sacrée, « descendue du ciel, il y a dix-huit cents ans, et aujourd'hui tombéesous les coups de la raison humaine». Tout h coup l'oiseau mort disparut et un oiseau vivant descend du ciel, portant autour du cou un billet avec l'inscription suivante : Nava Bidhântr jai, Satya Dharma Samanvaia « Victoire à la Nouvelle Dispensation ; harmonie de toutes les religions ' ! »

> Brahmo Year-Bookàa 1882, paga56.

* Les hymnes de la Nouvelle Dispensation l'éïèlent le même éclectisme mystique. Ea Toici un échantillon, la i^nse mysligue, emprunté à la New Dispensation à\i2i iaB,F6 18S1 :

• Chantant le nom de Hari, les saints dansent dans la ciel. ~ Mon Gouranga (Chaitaaya) danse au milieu d'une baade de dévots. — Combien BOnl beaux ses yeux qui brillent d'amourl — Jésus danse. Moïse danse, les mains levées. — Devarshi Narad danse en Jouant de la harpe. — Le vieux roi David danse devant l'arche, avec Janak et Yudhisthir. — Le grand yogui, Mahâdeo (Siva), danse de Joie, et avec lui Jean, accompagné de ses disciples. — Dadou et Conrucius dansent, ainsi que Kablr et Toulsi, les hindous et les musulmans, le sourire de l'amour sur les lèvres. — Le pécheur danse, le saint danse, le pauvre et le riche dansent ensemble ; les femmes chantent : • Oloîre, gloire, •■ avec de douces vois. — Renonçant & l'orgueil de caste et de rang, le Brahmane et le ChandAI dansent en «'embrassant. — Entouré de saints, ae trouve au centre Sri Hari, le seigneur de l'univers, et tous dansent à l'entour, les bras réciproquement passés autour du cou. — Et, dans cette sainte compagnie, dansent les croyants de la Nouvelle Dispensation, supprimant la distance de l'espace etdutemps. — Les poissons dansent dans la mer et les oiseaux dans l'air ; les arbres et les plantes dansent, les branches se jouant avec la brise. — La Bible et tes Védas dansant avec le Bhagavat; le Purân et le Coran dansent unis en amour. — Le savant, l'ascète et le poète dansent enivrés avec te vin de la Nouvelle Dispensation, — La monda d'au-dessous et le monde d'au-dessus dansent en chantant le nom de Hari, lorsqu'ils entendent le doux évangile de la Nouvelle Dispensation. ■

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