‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 101 sur 135 · AVENIR DE LA NOUVELLE DESPENSATION · texte numérisé non relu

AVENIR DE LA NOUVELLE DESPENSATION

Toute cette*exubérance de symbolisme a vivement choqué, non seulement les brahmaïstes de l'ancieiiHe roclie qui avaient passé leur vie à combattre les rites et les emblèmes de l'idolâtrie, mais encore les hindous et les chrétiens orthodoxes, que scandalisent au même tilre ce mélange et en quelque sorte cette parodie de leurs cérémonies les plus sacrées. En Angleterre, Keshub s'est définitivement aliéné les esprits naguère les plus sympathiques à son Église, — à commencer par miss Collet. — Seul peut-êlre, M. Max MuUer a mis le public en garde contre toute condamnation précipitée d'un mouvement qu'il est fort difficile de juger impartialement à distance : ■ C'est toujours la vieille histoire, écrivait-il au Times du 24 novembre 1880. Rien n'est si difficile pour un réformateur, el particulièrement pour un réformateur religieux, que de ne pas laisser l'encens de ses admirateurs obscurcir sa vision mentale et de ne pas confondre les divins accents de la vérité avec une voix descendue des nuages. Sous ce rapport, il n'est pas douteux que Keshub n'ait partagé la faiblesse des anciens prophètes. Mais n'oublions point qu'il possèdeégalementune lai^e part de leur force et de leur vertu. »

Je ne nierai pas, pour ma part, que la voie où s'est engagé Keshub ne soit pleine d'équivoques et de périls. Il est très possible qu'avec la tendance des sectes hindoues à déifier leurs gourous, le révélateur de la Nouvelle Dispensation finisse par passer à l'état d'avatar, et son Église, par devenir une simple variété des sectes vishnouites. Tous ceux qui ont étudié le passéde l'Inde savent, comme l'a si bien dit M. A. Barth,

jM,Googlc

Page 1