LE B&PTÈHE DANS LA NOUVELLE DISPENSATION
protestant, l'unitaire et le trinitaire, l'Église large et l'Eglise basse m'entourent à l'envi pour m'offrir leur Christ respectif, je désire leur répondre une fois pour toutes : Mille remerciements; mais pensez-vous que je n'aie pas Christ en moi? Grâce à Dieu, moi aussi, j'ai mon Christ. » — Il n'est donc pas étonnant qu'à l'instar de Mahomet, il ait accepté le Christ comme un des prophètesde la Nouvelle Dispensation, et qu'il ait fait dans sa liturgie une part considérable aux principaux rites du christianisme, notamment au baptême et à la communion. Il faut toutefois ajouter qu'il baptise au nom de la Trinité vêdàutine aussi bien qu'au nom de la Trinité chrétienne, et, quant à l'eucharistie, ill'administre sous les espèces de riz et d'eau.
La description de ces cérémonies montre bien avec quelle liberté Keshub traite les rites étrangers dont il enrichit sa liturgie '. Je me bornerai à reproduire, d'après tke New Dispensation du i6 juin, le récit de son propre baptême « dans les eaux du Jourdain ».
Les dévots, prévenus qu'ils avaient à gagner les bords du Jourdain, se rendirent en corW-ge à un tank ou étang situé dans une propriété de Keshub. Les abords étaient décorés de feuillage et de fleurs; le drapeau de la Nouvelle Dispensation flottait au vent. Quand tout le monde eut pris place sur les degrés du réservoir, par un soleil torride, le ministre, assis sur une peau de tigre, adressa la prière suivanteaw grand Varouna, source de la vie:
« Liquide sacré, vaste étendue d'océans, de mers et
1 SivanAth SiSTRi, Tke New Dispensation and the SâdMran Srahmo Samôj, pages 56 et buît.
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350 SVKCRÉTISUE DE LA NOUVELLE SISPENSATION
de rivières, nous te glorifions. Tu n'es pas Dieu, mais Dieu est en toi. Tu es rempli de la beauté et de la gloire du Ciel; chacune de tes gouttïs révèle la feice divine. Tu es l'onde de la vie. Tu es pour nous un bienfaiteur des plus utiles. Des nuages qui planent au-dessus de nos têtes, tu descends en averses copieuses, pour apaiser la soif de la terre desséchée et fertiliser le sol. Tu remplis les rivières, les mers, les océans. Tu couvres la terre de fruits et tu produis d'abondantes moissons pour noire nourriture. O ami de la race humaine, tu satisfais notre faim, tu apaises notre soif, tu nettoies notre corps et notre demeure, enlevant l'ordure et l'impureté I grand purificateur, tu guéris les maladies et tu donnes Ja santé! Quand nous nous baignons en toi journellement, nous nous sen* tons retrempés et réconfortés.' Des navires chargés de richesses flottent sur ton sein et nous apportent l'abondance des lointains rivages. serein pacificateur, tu calmes la souffrance et rafraîchis notre tête fatiguée! Nos ancêtres t'ont aimé, vénéré et adoré; aujourd'hui, comme autrefois, le Gange, la Jamounâ, la Narmadâ, le Godâveri, le Kaveri, la Krishna, sont grandement vénérés du peuple. Dis, grand Varouna : n'est-ce pas toi qui as su^éré à Bouddha l'idée du Nirvana, 6 puissant extincteur du feu de la souffrance? Et Jésus aussi t'a exalté; il t'a honoré, comme personne ne l'a fait avant lui, car il a vu en toi la vie nouvelle et le salut. Dans le saint fleuve du Jourdain, le fils de Dieu fut baptisé. Nous te louons, nous te bénissons, eau sainte ! Pluies et rivières, lacs et océans, nous vous bénissons et vous exaltons ! »
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VOEUI EMPRUNTÉS iU CÂTBOLICISHE 351
Le ministre donna alors lecture du chapitre où l'évangéliste Mathieu décrit le baptême de Jésus, puis, ayant explitiué que Jésus se fît baptiser « parce que l'eau était pleine de Dieu », il s'oignit lui-même d'huile fine, descendit les degrés du réservoir, en priant à' haute voix, et s'immergea trois fois jusqu'au cou en disant successivement : « Gloire au Père — gloire au Fils — gloire au Saint-Esprit. » Après quoi, pour honorer spécialement la Trinité, il plongea une quatrième fois, en proférant ces mots : Bénie soit Sacchidânauda (la trinité du vêdânta, Vérité, Sagesse et Joie). Kesbub sortit alors de l'eau, mais non sans avoir rempli un vase qu'on venait de lui passer et dont il se servit pour asperçer la tête de ses fidèles aux cris de : Sânti (paix)! Sânli! SdntU Taudis qu'il changeait de vêtements, une partie de l'assistance se baigna à son tour dans le réservoir, puis tous se retirèrent, emportant l'eau de Paix (sântijal) dans des récipients de terre ou de métal. — L'après-midi, ce fut le tour des femmes et des enfants.
Quelques jours plus tard, l'organe de Keshub, the New Dîspensation, insistait sur le caractère essentiellement indépendant et original de cette cérémonie. « Ce n'était pas une parodie, y disait-on, une imitation vulgaire ou mécanique de l'Europe ou du christianisme étranger; toute la fête était essentiellement hindoue ».
A l'Église romaine Keshub semble avoir emprunté les vœux solennels de continence et de pauvreté, que dans plusieurs circonstances il a fait prononcer par ses missionnaires, en ne paraissant toutefois y ajouter
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