‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 111 sur 135 · TENDANCES KYSTIQUES DE L ESPRIT HINDOU · texte numérisé non relu

TENDANCES KYSTIQUES DE L ESPRIT HINDOU

actuels ne vont pas aussi loin, dans leur nihilisme philosophique, que l'auteur du Byom 5âret du Souni Sâr, le poète contemporain Bhaktâwar. On lit dans la première de ces compositions : « Le commencement de tout est dans le vide; vides aussi sont la fin et le milieu. C'est de rien que tout procède, c'est en rien que tout finit; même l'espace illimité du ciel est un pur vide. Ce qui seul n'a ni commencement, ni fin, et qui cependant possède une réalité, c'est le vide. » Le Souni Sâr est plus explicite encore : « Tout ce qu'on voit n'est rien et, en réalité, n'est pas vu ; Mâyâ n'est rien, Brahm n'est rien, le mmtre n'est rien, ni le disciple; tout est fausseté et illusion. Le moi et le non-moi ne sont également rien. Rien, le temple et le Dieu; rien, par conséquent, le culte de rien, rien aussi la prière adressée à ce qui n'est rien '. a

Mais la majorité des classes éclairées reste profondément religieuse de cœur et d'esprit. On peut dire des hindous ce qu'on a dit des Allemands, que, lorsqu'ils se donnent pour matérialistes ou athées, ils restent encore métaphysiciens, idéalistes, voire quelque peu mystiques. Ceux qui, fascinés par la science européenne, déclarent se rallier à l'un des systèmes actnellemeut en vogue parmi nous, semblent surtout gagnés par les côtés synthétiques' de ces doctrines. Même l'école vêdântine paraît avoir pris de nouvelles forces au contact de la culture européenne ', et rien ne s'oppose

i V. F.-S. Geowsb, Mathûra, a District Afemoir. Agra, 1874, part. I, page 19.

■ V. ane intéressante défense de la philosophie vâdântine publiée, par le professeur Pramadâ Dàsa Mittra, dans ta 10» volume du Journal of the Soj/al Asiatic Society {I87t)).

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3i6 LAVEMIR BEUGIEUX DE LINDE

à ce qu'elle s'émancipe complètement des superstitions populaires, sans riea perdre de ses aspirations religieuses ni même de ses tendauces mystiques.

On peut se demander, dès lors, si les hindous ne se boroeront pas à remplacer leur ancienne foi par l'une ou l'autre des religions qui existent déjà aujourd'hui dans l'Inde. Voyons donc quelles sont l'importance relative de ces cultes et leurs chances d'avenir '.

Les Parsis constituent un groupe trop peu nombreux pour qu'on doi\e en tenir compte dans un calcul de ce genre. Du reste, la religion de Zoroastre, qui est peut-être la plus vieille du monde, ne révèle aucun esprit de prosélytisme. — Les Sikhs ne sont plus guère qu'une secte de l'hindouisme. — Quant aux bouddhistes, qui constituent également une faible minorité dans l'Inde actuelle , ils ne pourraient reprendre l'ascendant qu'à une double condition : d'une part, une réforme radicale de l'Église bouddhique; de l'autre, un développement de tendances pessimistes que rien ne fait encore prévoir. — Restent les religions du Coran et de la Bible.

1 Voici, en ce qui concerne les religions, les résultats du recensement dâcennal, arrêté au 17 février 1881, dans l'iude britannique (abstraction faite des États indigôues) :

Hindous 187,937,450

Mahométana 50,12!,585

Bouddhistes 3,41S,8e4

Chrétiens (; compris lea âtrangera} 1,862,634

Sikhs 853,426

PéUchistes 6,426,511

Antres cultes ou sans religion spéciSée .... 4,279,026

Total . . . £54,899,516

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L iSLAH DANS L INDE

L'Islam compte dans l'Inde britannique cinquante millions d'adeptes, d'où l'on a pu dire que l'Angleterre était la première puissance musulmane du monde. On sait que tes sectateurs de Mahomet se partagent de nos jours en trois grandes sectes : les sunnites, de beaucoup les plus nombreux, qui se soumettent à l'autorité spirituelle du sultan de Constantinople; les shiites ou partisans d'Ali, qui dominent surtout en Perse; les wahahia, d'origine récente, qui ont leur principal centre en Arabie. Ces sectes ont pour principes communs ; i" la foi en un seul Dieu créateur et conservateur de l'univers; %" la croyance, à une vie future où les bons seront récompensés et les méchants punis; S^l'acceptationd' une révélation divine par l'intermédiaire des pzophètes et, en dernier lieu, de Mahomet, révélation qui porte non seulement sur les matières spirituelles, mais encore sur tous les objets de l'activité humiine; 4° la conviction que le Coran est la parole littérale de Dieu.

Les sunnites étendent même le privilège de l'inspiration divine aux premiers califes et aux principaux docteurs de l'Islam; aussi se prétendent-ils les orthodoxes par excellence; ils comptent cependant une école libérale, les shafites, qui admet la possibilité du progrès religieux et professe à l'égard des infidèles une tolérance basée sur la morale universelle. — Les shiites refusent toute autorité aux décisions des califes qui succédèrent à Mahomet; ils proclament les droits de l'interprétation individuelle pour ce qui concerne le texte du Coran ; mais ils semblent moins strictement attachés au monothéisme, en ce qu'ils admettent la

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