‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 16 sur 135 · K LA CRISE DU SPIRITUALISME · texte numérisé non relu

K LA CRISE DU SPIRITUALISME

Iiition avec les principes du théisme. Il me sutErade montrer, d'après un ardent défenseur de l'évolutionnisme.M. J. Sully, comment la doctrine scientifique de l'évolution peut légitimement s'allier avec les métaphysiques les plus diverses, et même avec les anciennes thèses de la religion naturelle. Dans une étude des plus consciencieuses, publiée, en 1878, dans le viii* volume de VEncyclopedia brilannica, en collaboration avec M. Huxley, il définit la théorie de l'évolution : « la plus haute généralisation de la science relativement à l'ordre des phénomènes dans le temps», et, àce titre, il estime qu'elle est impuissante à fournir une solution scientifique quant à la cause, à la fin ou à la nature, soit de la substance qui fournit les matériaux de l'évolution, soit du procédé lui-même. Ainsi le positiviste qui veut s'en tenir aux données actuelles de la science peut accepter l'évolution, en soutenant que It'S limitations de notre esprit nous restreindront toujours à la connaissance des phénomènes. De son côté, l'idéaliste empirique peut regarder la théorie de l'évolution comme formulant « tout l'ordre des sensations mentales et conscientes ' » . Toutefois, la théorie de

■ On sait que ponr l'iddalisme empirique, tonB les phâDoménea auxquels nous prêtons une existence objective ne sont que la projection et la réflexion de nos seuBatioas Bubjectives, Spencer soutient que si cette théorie était fondée, l'évolution serait on rêve, M. J. Sully sontient formellement qne la doctrine de l'évolution pent se formuler en termes idâaiisteH, anssi bien que réalistes. Telle est également l'opinion de M. Huxley, qai, dans sa Fie de Hume, insiste encore avec plus de force sur ce point : •> En djpit de toute démonstration contraire, dit-il, la collection des perceptions qui constituant notre conscience peut n'être qu'une fantasmagorie qui, engendrée et coordonnée par le moi, déroulerait ses scènes successives sur un fond de néant. ■ {Life of Hume, p. 81.)

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U. JAMES SDLLY

l'évolution peut également s'accorder avec toutes les doctrines philosophiques « qui regardent les formes supérieures ou plus complexes comme issues et dépendantes des formes inférieures, qui présentent le coiirs des choses comme une transition graduelle de l'indéterminé au déterminé, de l'uniforme au varié, et qui croient la cause de ce développement immanente dans le monde » .

Peut-ê;re n'est-il pas sans intérêt de résumer ici le tableau des principaux systèmes philosophiques qui, d'après le savant collabopateur de l'Encyclopedia, f«uvent légitimement se greffer sur la théorie de l'évolution. Cette théorie, fait-il observer, n'attribue d'existence objective qu'aux mouvements et aux forces. Mais, en même temps, la loi de la conservation de l'énergie atteste que, sous toutes les variations des phénomènes, il y a quelque choïc de réel qui persiste. Quelle est la nalure de cette réalité? Ici, la science cède la place aux interprétations de la philosophie, qui peuvent se classer de la façon suivante :

1° Solutions dualistes : L'évolution se poursuit simultanément dans l'ordre physique et dans l'ordre spirituel — la coïncidence entre les phénomènes des deux ordres restant inexpliquée ou étant attribuée à une intervention arbitraire;

2** Solutions monistes, soit qu'on regarde l'espi it comme une propriété ou comme une manifestation de la matière {matérialisme], — soit qu'on fas^e dériver celle-ci de l'esprit {spiritualisme), — soit enfin qu'on regarde l'esprit et la matière comme deux

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