CHAPITRE IV
L'nnitarinns anglais.
Corrélation entre lliîetoire de VuaitariHme et les progrâs du libre aiamen. — Origines de l'Église unitaire. — Le sociaiaDisme. — Sa propagation en Angleterre. — Premiers conyents nnitaires bodb Cromwell. — Joha Biddie; aa vie et son apostolat. — AdhésioD pins ou moinB ouverte de Milton, Locke et Newton à l'unitarisme. — Ouverture d'un culte unitaire à Londres en 1T74. — Doctrine et influence de Priestley. — Réaction contre la théologie sensualiate. — Parallèle entre Coleridga et Channing. — Diversité croissante deB opinions théologiqnes au sein de l'unitarisme. — Opposition a l'idée d'une révélation directe. — Le D' James Martineau et son influence sur l'anitarisme contemporain. — Eenconire des unitaires avancés avec les théistes purs. — Prafeasion de foi du Rév. Peter Dean. — Unitaires panthéistes et évolutionniatea. — Organisation du cnlta unitaire. — Divergencea dans la liturgie. — Textes empruntés A toutes les religiona. — Les chapelles unitaires. — Unitarisme ritualiste. — Congrégations non eonTormistes passées à l'nnitaciame,— Congrégations envoie de transition.— Tentative pour substituer à la dénomination d'unitaires celle de chrétieni libres; résistance des deux rractious extrêmes de l'nnitariame.— Statistique actuelle de l'uni' tarisme anglais. — La Britishand Foreign Unitarian Association, — Intervention constante de cette société en faveur de la liberté et de l'égalité religieuses. — Comme quoi l'extrême variété de croyances et d'organisation n'exclut chez les unitaires ni l'esprit de corps, ni la gentiment de communion spirituelle.
L'histoire de l'unitarisme est connexe, en Angleterre, au développement du libre examen. Non qu'on n'y puisse trouver, en dehors de cette doctrine, des esprits qui aient puissamment aidé à l'émancipation de la pensée — ou qu'il y faille plus qu'ailleurs, rattacher les progrès de la raison aux vicissitudes de la christologie ; mais la divinité de Jésus, de quelque
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façon que cette doctrine se soit formée, n'en constitue pas moins la pierre angulaire du surnaturel chrétien, le dogme central de la théologie fondée sur la Révélation.
Ce serait, du reste, adopter une vue bien superficielle de l'iinitarisme que de le ramener ans proportions d'une simple révolte contre le dogme de la Trinité ou même contre tous les dogmes postérieurs à ta rédaction des Ëvaugiles. Dès son origine, il est naturellement devenu un centre d'attraction pour les esprits en quête de la commuoiou chrétienne la plus avancée de leur époque, et ceux-ci, à leur tour, ont ré^i sur la théologie unitaire, eu la modifiant suivant le progrès des idées au sein de chaque génération successive. Aussi l'histoire interne de l'unitarisme n'est-elle tout entière qu'un effort pour mettre la tradition chrétienne en harmonie avec la philosophie et la science. Aujourd'hui encore, son caractère essentiel, c'est de former une Église ouverle à ceux qui veulent poursuivre indéfiniment l'évolution progressive du christianisme historique.
On a essayé tour à tour de rattacher la filiation de l'unitarisme aux Lollards, dont les débris subsistaient encore lors de la Réformation, — aux anabaptistes, que les persécutions du xvi* siècle firent passer des Pays- Bas eu Angleterre, — aux protestants italiens et espagnols, qui reçurent l'hospitalité d'Edouard et d'Elisabeth S — enfin aux publications sociniennes, importées de Hollande, qui circulèrent dans le public
> V.-J. Bonst-Maubt, Des origines du christianisme unitaire eheg les Anglais, 1 toI. Paris, Fiachbacher, 1881.
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