‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 29 sur 135 · JOHN BIDDLE · texte numérisé non relu

JOHN BIDDLE

SOUS le règne des deux premiers Sluarts, Il est certain que, dès Henri YIII, . l'arianisme se manifesta en Angleterre à l'état sporadique — comme on peut le constater dans le martyrologe unitaire publié par M. Spears^ — et qu'aux approches de la Révolution on vit se multiplier les traductions anglaises des ouvrages dirigés contre la Trinité par les sociniens de Pologne. Mais ce fut seulement en 1648, sous le Long Parlement, qu'on signale pour la première fois des conventicules anti-trinitaires tenus à Londres sous la présidence d'un certain Welchman . On y prêchait que le Christ avait été un prophète, qu'il avait accompli des miracles, mais qu'il n'était pas Dieu ' . Cette propagande fut bientôt reprise par John Biddle, maître es arts de l'université d'Oxford, personnî^e si versé dans l'étude de la Bible qu'il pouvait réciter de mémoire presque tout le texte du Nouveau Testament^. D'après M. Tayler, Biddle semblerait n'avoir pas connu les ouvrages sociniens, et ce serait exclusivement l'élude de la Bible qui lui aurait fourni les éléments de sa doctrine. Expulsé, en 1645, de la chaire qu'il occupait à l'école de Sainte-Marie, dans la ville de Gloueester, il fut enfermé à Newgate, comme un vil malfaiteur, à cause de la hardiesse avec laquelle il avait soutenu ses opinions devant la. commission ecclésiastique réunie pour lui demander compte de ses hérésies. Mais, de sa prison même, il trouva le moyen de publier deux traités contre la

1 R.SPEix&.SiseandProgressofUnitariartistn inModernTitnes, p. 7. I Bonbt-Madbt, op. cit ,p. 232.

* J. J. Tailbb. a Retrospect ofthe Religious Life of England, 2* éd., p. 221.

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divinité du Christ et du Saint-Esprit. Le Parlement, alors sous l'influence des presbytériens, condamna ces ouvrages au feu et vota une ordonnance qui, entre autres peines promulguées contre le blasphème, frappait de mort la n^ation de la Trinité.

Cependant le dernier mot n'était pas dit dans cette lutte d'un modeste penseur contre les forces liguées de l'Ëglise et de l'État. Â peine l'amnistie de 1653, édictée par Cromwell avec l'appui des indépendants, eut-elle ouvert à Biddie les portes de Newgate, qu'il s'empressa de tenir, chaque dimanche, des réunions privées où il enseignait sa doctrine, la Bible à la main. Cromwell le fit alors déporter aux îles Scilly; mais on doit ajouter, à la décharge du Protecteur, qu'il lui fit secrètement passer des secours et qu'il finit par lui permettre de rentrer en- Angleterre. Biddie ne profita de cette tolérance que pour reprendre son apostolat. Arrêté une troisième fois, après la Restauration, pour exercice illégal du culte, il mourut en prison dans le cours de l'année 1662, à l'âge de 47 ans.

Comme tous les martyrs d'une cause juste, Biddie laissait derrière lui de nombreux imitateurs, à commencer par l'homme qui avait pris sa place au collège de Gloucester, le Rev. John Cooper. Destitué à son tour et exclu de l'Église anglicane par l'acte d'uniformité qui fît sortir de l'établissement environ deux mille ministres, Cooper organisa à Chelteofafun, l'année même où mourut Biddie, une congrégation qu'il dirigea pendant vingt ans ' . A Londres, gr&ce

, > SfSjUIB, op. cit., p. SI.

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