‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 31 sur 135 · LE THÉISME CHEZ LES CNITAIKES · texte numérisé non relu

LE THÉISME CHEZ LES CNITAIKES

naturelles, dans le développement progressif de l'histoire et dans les aspirations intimes de la conscience '. Enfin, pour la gauche de l'unitarisme, Jésus n'est plus qu'un produit de son temps et de son pays, de beaucoup supérieur à ses contemporains par l'élévation de ses sentiments et admirablement inspiré par son amour de l'humanité, mais soumis à toutes les limitations de notre nature et appartenant, en somme, à la même famille que tous les réformateurs religieux célèbres dans l'histoire.

Ce point de vue est absolument celui des « théistes », qui, longtemps isolés dans la société religieuse, se trouvent ainsi rejoints par les lignes avancées de l'unitarisme. M. Francis Newman, par exemple, qui a été eu lutte, pendant plus de trente ans, avec toutes les fractions du christianisme — ycomprisles unitaires — pour son insistance k nier le caractère révélé de la Bible et la nécessité d'un médiateur, a naturellement trouvé sa place marquée dans les rangs de l'uiiitarisme, le jour où cette communion s'est ouverte à des professions de foi comme celle du Rév. Peter Deiin, ainsiformuléeenl87S devant la congrégation unitaire de Clerkenwell : <c La foi en un Oieu infiniment parfait est toute notre théologie. L'Univers est notre révélalion divine. Les manifestations de la Njiture et la littérature sacrée de tous les âges et de tous les peuples . Eont notre Bible... Le Bien incarné dans l'Humanité est notre Christ. Les merveilles normales de la Nature

■ V. J. Uastissau, Loss and Gain in Récent Theology (I.oadreB, 1881) et The Threa Stages of Vnitarian Theology, 2" éd. (Londres,

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sont nos miracles. Quiconque nous guide et nous aide est notre Sauveur. L'accroissement de notre sainteté personoelle est notre salut. L'amour de Dieu et de l'homme — piété et moralité — sont nos seuls sacrements '. »

Quel libre-penseur, pour peu qu'il croie en Dieu et qu'il ait foi au Progrès, se refuserait à signer une pareille déclaration de principes, s'il se trouvait par là en mesure de favoriser la réconciliation du sentiment religieux avec la raison? Il n'y a pas lieu d'être surpris si c'est par un sermon, prononcé, en 1875, dans la chapelle de Clerkenwell, que M. Newman a préludé à son entrée dans la communion unitaire. Il y a été reçu, du reste, à bras ouverts et il y figure, depuis 1878, parmi les vice-présidents de la Britisk and Foreign Unitarian Association.

Plus à gauche encore, on trouve un groupe de jeunes ministres de talent qui professent une sorte de panthéisme idéaliste emprunté soit aux idées de Strauss, soit à celles de Spencer. Leur attitude vis-àvis de la tradîtioD chrétienne est à peu près la même que celle des théistes. Mais ils préfèrent voir simplement en Dieu un Pouvoir mystérieux et indéfinissable qui travaille à la réalisation de l'ordre et de la justice dans le monde. Quelques-uns donnent même exclusivement pour objet à la religion la mise en pratique de l'idéal humain, et c'est cet idéal qu'ils divinisent pour l'adorer. — Ainsi se complète la gamme des opi-

1 CterkenieeU Unitarian Chtareh. The Miniater's Laading Jteligious Principles, sppendice A un sermoD dn profeMeur Francis NawiOBD, Sin againsl God. Loudree, TiUbuer, 1S75.

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