‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 41 sur 135 · LES JUIFS RÉFORMÉS · texte numérisé non relu

LES JUIFS RÉFORMÉS

quelque prétendue révélation. En attendant, l'humanitarianisme constitue une doctrine assez inoffénsive, parfaitement morale dans ses préceptes comme dans ses couséquences, et complètement renfermée dans cette sphère suprasensible où toutes les spéculations religieuses sont permises, en tant qu'elles sont de bonne foi, par cela même que les procédés de la méthode scientifique ne sauraient en démontrer ni la rectitude, ni la fausseté.

Il doit être bien entendu que si je mentionne la Société humanitarienne dans cette énumération des congrégations théistes, c'est à titre de curiosité religieuse, et non que je me fas^e illusion sur son importance réelle. Seule, la congrégation du Rév.Ch.Voysey offre au théisme un centre de ralliement et d'action qui pourrait prendre un grand développement, si elle parrenait à réunir tous les adhérents de ses doctrines. Malheureusement, elle se trouve aux prises avec cette absence d'enthousiasme, ou plutôt d'esprit de prosélytisme, qui caractérise généralement les théistes et qui les amène, comme je l'ai déjà dit, soit à rester, par inditférence, dans leurs Églises d'origine, soit, quand ils les ont quittées, à se renfermer dans une sorte d'individualisme religieux.

Peut-être serait-ce ici le lieu d'exposer la doctrine des juifs réformés, qui, en rejetant l'infaillibilité des livres saints, se sont placés sur le terrain du monothéisme rationaliste. La Réformation juive, qui débuta au commencement de ce siècle, chez les juifs allemands, par quelques simplifications du rituel, et qui

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s'étendil successivement aux juifs de tous les pays civilisés, se donne actuellement pour objet de dénationalisef la religion juive, ou plutôt d'eu fiùre une religion unîversaliste, en la dépouillant de toutes les règles, pratiques et cérémonies qui offrent un caractère national, et non purement religieux. « La réalisation de ce but, — écrivait dernièrement un des représentants les plus distingués de l'école nouvelle en Angleterre, M. Claude Montefiore, — mettrait le judaïsme sur le même pied que les cultes chrétiens et ferait disparMtre l'obstacle préalable à sa diffusion éventuelle au-delà des limites de la race juive »'. Ainsi disparfdtrait le reproche si fréquemment adressé au judaïsme de n'être qu'une religion de tribu, et tomberait le vrai mur de ta Chine qui sépare ses adeptes des populations au milieu desquelles ils vivent. Mais cette réforme ne peut s'accomplir, comme l'événement l'a déjà prouvé, si le judaïsme n'abandonne en même temps des croyances positives inconciliables avec les progrès de la science contemporaine.

La religion juive a compris de lout temps deux éléments distincts : un ensemble de doctrines qui ont pour clef de voûte la croyance à l'unité de Dieu ; puis les pratiques distinctives du judaïsme. Au point de f ue doctrinal, d'après M. Cl. MonteBore, le judaïsme réformé aflSrme, en commun avec le judaïsme orthodoxe, « l'unité de Dieu, son juste gouvernement du monde, les relations de l'homme avec Dieu, le progrès continu de l'humanité dans son ensemble, l'im-

1 V., dans la Contemporarg Review de aeptembra 1883, un article de M. HovTBnoKKlntitalé: IsJudalsm a TrOalReliçiont

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