FOND DE REUGIOSITË EN ANGLETERRE J
B& future carrière! Et, quand sera arrivé le soir de son existence, puisse-t-il se consoler par la réflexion que sa conduite aura gagné l'approbation des sages et des bons, et que, dans la mesure de ses moyens, il aura été fidèle à la mission de sa vie !
On voit par cet échantillon combien les sécularistes ont réussi à exclure de leurs cérémonies solennelles tout élément sentimental et imaginatif. Leur manuel renferme bien un certain nombre d'hymnes, mais, à part quelques pièces lyriques, que relève un souffle assez coloré de panthéisme, cette poésie utilitaire est en général d'une banalité qui frise parfois la parodie, pour ne pas dire plus'.
Si étrangères au sentiment religieux que puissent paraître ces productions, elles n'en prouvent pas moins combien, sous le scepticisme moderne, subsiste de religiosité au foud du caractère anglais . Sous ce rapport, la prétention des sécularistes à faire delareligion, et leurs tentatives pour en imiter les formes ou pour en paraphraser le langage, sont, en quelque sorte, la
' Voici, par exemple, les versetB destinés a remplaoer Vile rnissa est dans les cérémonies sdcnlaristes :
Portez-TOUB bien, chers amis I adieu, adieu, Râjonisaas-vons d'nne façon sociable ; Alors le bonheur résidera avec vous :
Portoz-Toaa bien, chers amis, adieu, adieu.
Portez-vous bien, chers amis I adieu, adien, Sonvenez-Tous dé nona cette nuit ; Nous comptons en faire autant pour vous :
Portez-vons bien, chera amis, adieu, adieu. Portez-vous bien,ctiers amisi adien, adiea, Jnaqn'A ce que nous nous réunissions de nouveau ; Oardez en vue le aystâme social, Portez-vous bien, chers amis, adien, adieu.
{The SecuUiriafs Manual, p. 3.)
jM,Googlc
184 LE COHTESME ET LE SËGULÀRISHE
contre-épreuve des dispositioDs que révèlent, dans d'autres milieux, la vogue des Armées du Salut et la formation persistante des sectes les plus bizarres. Nous sommes loin aujourd'hui du temps où. Montesquieu pouvmt écrire, à son retour de Londres : « La religion est morte en Angleterre . Si quelqu'un parle de religion, tout le monde se met à rire. »
Sans doute, la réaction religieuse qui a effacé, dans la première moitié de ce siècle, l'indifférentisme de l'époque précédente, semble avoir dépassé son point culminant et il est possible que devant la difficulté d'ajuster les croyances anciennes aux idées modernes, un nouveau flux de scepticisme se répande sur la société anglaise. Mais quelle conclusion y a-t-il à tirer de ces revirements, sinon une leçon de prudence à l'adresse de ceux qui, suivant la mode du jour, se complaisent à proclamer, tantôt le triompbe final d'une foi déterminée, tantôt le dernier crépuscule des dieux 7 Tout au plus peut-on nettement en dégager la loi qui, à travers toutes les oscillations de l'esprit aidais, nous révèle la marche constante de la pensée religieuse vers des solutions plus rationnelles et plus libérales.
jM,Googlc