‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 55 sur 135 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

La genèse de l'imitarisme au Étati-Unis.

Origines pnritaiDes de la Nonvelle-Angle terre. — John Robinsou exhortant les pèlerins de la May Floteer i ne pas se coDfiner dans la thâologie de Lnther et de Calvin. — Ceque venaient chercher en Amérique les PUgrim Fathers, — Organisation dâmocrstiqna et autonome des congrégations calïinïBtBB. — Leur intolérance. — Causes qui devaient conduire eraduellement la société puritaine à l'admission de la liberté religieuse. — Réaction arminianne contra le dogme da la prédestination. — Premières controverses des ti1>érBas et des calvinistes. — Tendances libérales de l'université de Harvard. — Channing en 1815. — Son sermon de Baltimore, — Développement rapide de l'unitarisme . — Dédoublement des anciennes congrégations calvinistes. — Fondation, & Boston, de \'American Unitarian Association. — Le cAté libéral et le cOté rationaliste dans la réforme unitaire ; leur importance relative. — Points faibles de la théologie de Channing.

On coDïifùt la part que le sentiment religieux prit & la colonisation de l'Amérique anglo-saxonne. Des quatre grands établissements que les Anglais fondèrent, au xvn' siècle, sur les côtes occidentales de l'Atlantique, il en est trois qui durent leur origine à des proscrits pour cause de religion : puritains dans la NouTelle- Angleterre, calholiques au Maryland, quakers en Pensylvanie. Ce fut surtout le premier de ces trois éléments qui joua un rôle considérable dans le développement de la société américaine, car c'est encore

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son empreinte, modifiée par l'esprit du temps, qne, malgré le flux incessant de l'émigration, on retrouve partout sous les croyances, les moeurs et les institutions actuelles des États-Unis.

Nous avons ^'u précédemment comment le mouvement puritain débuta en Angleterre, dès le règne d'Elisabeth, par des protestations contre le maintien de la liturgie et de la hiérarchie officielles. Se recrutant surtout parmi les classes populaires, il portait à l'extrême les principes démocratiques et religieux du calvinisme. Aussi conçoit-on que ses adhérents eurent bientôt maille à partir avec les pouvoirs établis. Mais les persécutions que leur infligèrent Elisabeth et Jacques I*' ne firent qu'accroître leur nombre S et, en 1608, alors que le gros de la secte se résignait à affronter passivement l'amende et même la mort sur le sol natal, — en attendant la terrible revanche qu'avec l'aide des presbytériens il devait bientôt remporter sur la royauté, — les éléments les plus ardents et les plus énergiques, dirigés par John Robinson, ancien pasteur d'une congrégation à Scrooby, s'enfuirent à I^yde, en Hollande, « où, avaient-ils entendu dire, la liberté de religion appartenait à tous » .

Ils vécurent tranquilles dans celte retraite pendant plusieurs années. Mais leur petite communauté se réduisait de plus en plus, et il n'était pas difficile de prévoir qu'elle finirait par être absorbée dans le protestantisme hollandais. Ils conçurent alors le projet

- ■ Od déoUra au Parlement, an 1693, qua ping ds vingt mille perBoonea fcéqnentatent lea couvent icalea et OD proposa de les bannir, comme les Maares l'avaient été de l'Espagne. (Banoboft, Histoire lies Etats-Unis, t. 1", eb. vni.)

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