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LE COSMISME ET LA RELIGION DE L ÉVOLUTION

fondement l'utilité sociale et pour origine les expéplences accumulées de la race, transmises par l'hérédité. A vrai dire, si M. Savage rejette toute idée d'une morale absolue et transcendante, il n'en admet pas moins que, parmi les variations bumaines sur les règles de conduite, le principe d'une distinction entre le bien et le mal, ainsi que le senfiment de l'obligation morale, constituentn quelque cbosede constant et d'immuable, comme un rocher au milieu des vagues ».

Dans son ouvrage sur la Religion de l'évolution, AL. Savage commence par établir que les progrès de la science ont porté le coup de grâce à presque toutes les conceptions de la théolo^e traditionnelle^. C'est la théorie de l'évolution qui règne désormais en souveraine dans la philosophie comme dans la science. L'auteur n'hésite pas à affirmer que la merveilleuse hypothèse d'Herbert Spencer rend compte de presque tous les faits connus, sans être contredite par aucun, et il va jusqu'à la qualifier de « la plus grande œuvre qu'ait accomplie l'intelligence humaine ».

Mais si cette philosophie est le dernier mot de la science, que laîsse-t-elle subsister de la religion? M. Savage examine successivement les modifications que l'admission du principe évolutionnisto entrï^oe dans les idées reçues de la théologie chrétienne et de la métaphysique en général. Or, si cette mé.bode tend à détruire les traditions bibliques sur l'origine de

1 The lUligUm of Evoïution. (Boston, Lookwood, 1876.) — V. antai «n autres ouvrages : The Moraia of Evaîution. (Boston, EUU, 1880.) — Btlief in Goi. (Boston, ËUis, 1881.) — BelUfs ahowt Ma». (Boston, ËlUs, 1882.)

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l'univers et sur l'apparition de l'homme, — la notion anthropomorphique de la divinité, — la croyance au diable, — la possibilité des miracles, — la foi dans une révélation spéciale, — la conception populaire du ciel et de l'enfer; — d'autre part, elle laisse debout, et même elle assied sur des fondements plus solides, nos sentiments de confiance et de révérence vis-à-vis d'un pouvoir mystérieux qui échappe à toute déOnition, mais qui se découvre dans tous les phénomènes, — la conscience d'une communion étroite entre toi s les memhres de l'humanité et même eetre tous les êtres de l'univers, — l'espoir d'une vie future et la nécessité d'une complète soumission à la loi morale. Par cela seul qu'elle exclut le caprice et l'arbitraire, la philosophie de l'évolution permet de concilier le principe de l'amour avec le règne universel de la loi dans le fonctionnement de l'univers. Elle est paiement l'unique doctrine qui résolve d'une façon satisfaisante le problème du mal. Le maln'est qu'un défaut d'adaptation (a maladjustment] auxconditioosdu milieu physique, intellectuel ou moral, c'est-à-dire aux lois de l'ordre cosmique. On peut dès lors préLCndre que le mal est une condition essentielle du progrès, soit que, dans la nature, il se résume par la disparition des plus faibles au profit des mieux conditionnés, soit que, chez l'homme, il se présente comme le correctif de l'ignorance et de l'inconduite. La soufTrance est pour l'homme " un poteau indicateur du danger placé aux croisements et aux détours des chemins de la vie » ; c'est Dieu disant à l'individu : « Éloigne-toi, ou : Perfect'onne-toi. »

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