Du Chaillu. Afrique équaloriaie
latiOQ du village enlève des habitations les objets mobiliers, détruil les cases et émigré en masse pour aller s'installer dans un endroit non encore hanté*.
Cette attribution d'intentions malveillantes aux esprits est générale chez les nègres sauvages. Sur ce point, le nègre de la vallée du Haut-Nil est d'accord avec celui du Gabon ou du Congo ; il afiîrme catégoriquement que d'un esprit on ne peut attendre que du mal; il pense d'ailleurs que, moyennant certaines pratiques de sorcellerie, on peut dominer les esprits et même en user, conformément à leur nature malveillante, pour nuire à ses ennemis. Beaucoup de chefs sont censés posséder sur les esprits ce pouvoir dominateur, et cela leur donne sur leurs sujets une grande autorité*; car les fantômes rôdent et errent partout. Cette croyance est géni'rale. Les Bongos du Haut-Nil vivent, comme les Gabonnais, dans la crainte perpétuelle de ces mauvais esprits dont les forêts sont pleines'. Dans toute l'Afrique sauvage, les specires des morls sont donc considérés comme des espèces de divinités malfaisantes, employant à mal faire toute la durée, assez courte, (le leur existence posthume. Il existe pourtant d'autres dieux dans le panthéon nègre et il est temps d'en parler.