P. Barret. Loc. cil, VL, i
102 L'ÉTOLUTION RELIGIEUSE.
malade, ordonna à ses sujets de consulter pour son cas un esprit nommé Ilogo^ qui habitait dans la lune. Au bruit du tam-tam et avec force cris les femmes! du village s^assembiërent sur cet ordre au clair de la lune et, pendant que, Tune après Tautre, les plus excitables s'eflbrçaient d'avoir un accès extatique, les autres chantaient en chœur une invocation à Tesprit lunaire. « llogo, nous t'invoquons! — Dis-nous qui a ensorcelé le roi? — Que devons-nous faire pour guérir lo roi? — Les forêts t'appartiennent, Ilogo! — Les rivières t'appartiennent, liogo! — La lune t'appartient! — 0 lune! 0 lune ! 0 lune! — Tu es la demeure d'Ilogo! — Le roi mourra-t-il? 0 Uogo! 0 Ilogo! 0 lune ! 0 lune! » Pendant ce temps, l'une des femmes réussissait enfin à tomber en catalepsiCr voyait le dieu et, en revenant à elle, pouvait rassurer la population'. Chaque mort est aussi l'occasion de cérémonies analogues. On ne comprend ni n'admet la mort nalurelle, la mort sans violence ; chaque décès résulte donc d'un crime commis par des procédés magiques et il importe extrêmement de découvrir et de châtier le meurtrier, à moins qu'il ne s'agisse de femmes, d'enfants ou d'esclaves*, dont la mort est chose né» gligeable. Dans ces occasions,, tout le monde sans exception peut être accusé de sorcellerie. On ne tient compte ni du sexe, ni de l'âge, ni de la condition sociale'; les chefs eux-mêmes doiveot plier sous la commune loi. — La peur de la mort et des sortilèges étant extrême, il suffit qu'un homme se croie ensorcelé pour en perdre le boire et le manger, avoir des visions et souvent communiquer sa terreur à tout le village, qui ne peut retrouver lé repos qu'en immolant le <:oupabIe supposé *.