‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 115 sur 555 · Îiungo-Park. îliêt. univ. voy. vol. XXY · texte numérisé non relu

Îiungo-Park. îliêt. univ. voy. vol. XXY

Hd LÉVOLUTIOS HELICIEUSE.

cornes, pleines, dents, morceaux de peau desséèhéb, etc. Une certaine racine préserve sûrement des balles, aussi leë guerriers en portent sur eux une véritable charge^ Dé même, dans TYarriba, on use et abuse des gri-gris. Tout peut devenir et devient en effet fétiche : des calebassesr, des plumes, des coquilles d^œufs, des os d'animaux*.

Tout en n'ayant pas un rôle aussi considérable que chez les tribus tout à fait sauvages, la magie primitive persiste encore parmi ces populations. A Kaarta, on est toujours bien persuadé que, par des pratiques convenables, on peut à volonté soit faire pleuvoir, soit empêcher la pluie de tomber. En voyant le baromètre et les autres instruments de Texplorateur français, Raffenel, les indigènes de Kaarta, y reconnurent sans hésiter des appareils magiques et, comme précisément en ce moment la sécheresse était grande, ils allèrent trouver le voyageur et lui tinrent le langage suivant : « Nous voulons que tu fasses pleuvoir % ; et, dit RaffeneU ils jetaient un regard courroucé sur mon baromètre; « nous avons trop attendu. Tu ne nous feras pas croire que ce que tu fais là avec ces machines (ils désignaient du doigt les instruments), en regardant en Tair et en écrivant des grigris, soit innocent. Jamais, dans les pays, on n'a vu la pluie tant tarder à tomber, et jamais un homme n'a fait ce que tu fais. Arrange-toi comme tu voudras; mais il nous faut de la pluie pour ce soir'. »

Les mêmes indigènes de Kaarta croient aussi à nombre d'autres influences magiques. Dans leur opinion, le lièvre est un animal qu'il y a bien des inconvénients à rencontrer : il a le mauvais œil. Ainsi il suffit ù une femme enceinte de regarder la tôle d'un lièvre pour accoucher d'un enfant mort.

1. Rafleiiel. A'ouv. voy. au pay$ dt» Nègres, ', 435. 2 R. et J. lander. Ilist, univ. voy, vol. XXX, 77* 3. Raffei.el. Loc. cit. I, 322.

L'âNUIISHE dans AFRIQUE TROPICALE. lit

Si la femme n'est pas grosse, cette funeste rencontre suTfira à la rendre stérile. Sur les hommes, la vue de cette léte maudite a des effets non moins fâcheux; car sur-lc-ch'amp la timidité'de ranimai se transmet à Thomme qui Ta regardé et les plus braves guerriers se trouvent affligés d'un cœur de lièvre*. Voilà bien tout un ensemble de croyances dont Torigine est évidemment très primitive. Les mythes, les dieux, si Ton veut, ne sont pas d'une nature plus relevée.

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