IV. — LES DIEUX
Dans toute la région dont je m'occupe en ce moment, l'intelligence des populations est encore foncièrement animique; aussi a-t-on vivifié et divinisé des végétaux, des animaux, même des hommes. Sur les confins du Bondou, Mungo-Parlc a vu un arbre fétiche aux branches duquel étaient suspendus d'innombrables chiffons ou bandes d'étoffes*, offrandes propitiatoires faites par les voyageurs. A Chaadou, dans le Yarriba, R. et J. Lander ont rencontré un arbre fétiche analogue. Plusieurs pieux également féliches formaient à ce végétal une enceinte protectrice. Comme nous le verrons, cette divinisation des plantes, cette phytolâtric, est universelle. La zoolâtrie n'est pas rare non plus chez les nègres de l'Afrique moyenne; mais elle prédomine surtout sur la Côte d'Or, où l'on a déifié le crocodile, l'hyène, les vautours, les serpents*. Les Cambris du bas-Niger adorent aussi des animaux et disposent des tôles d'hippopotames et d'alligators sur des plates-formes, qui leur servent de temple*. A Koulfa, les cases-fétiches, dont je parlerai tout à l'heure, contiennent
i. RafiTenel. Loc. cil, I, 311.