‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 118 sur 555 · Cray et Dochard. Hist. univ. voy, vol. XXVIII · texte numérisé non relu

Cray et Dochard. Hist. univ. voy, vol. XXVIII

L'ANIMISME DANS L'AFRIQUE TROPICALE. il5

Ainsi accoutré, Te mystérieux personnage, le MunhchDjumbo^ se promène au milieu des femmes, qui se hâtent de lui faire des présents afin de l'apaiser. Mais pour celles à qui il ne lui convient pas de pardonner, il leur administre une vigoureuse fustigation*. L'exécution achevée, le sorcier se retire, comme il était venu, mystérieusement.

En maint endroit les fleuves sont vivifiés et déifiés. J'ai déjà parlé des démêlés conjugaux du fleuve Niger avec la rivière Mossa, son épouse légitime. Celle-ci est d'une jalousie absolument folle, à ce qu'assurent les riverains, el^ quand on navigue sur ses eaux, il faut se garder dénommer à haute voix une autre des rivières affluentes, si du moins l'on tient à sa vie*. De môme, avant de laisser R. et J. Lander s'embarquer sur le Niger, un roi de Boussa eut bien soin d'aller, accompagné d'un féticheur, consulter le fleuve sur ses intenlions ù l'égard des voyageurs. L'esprit du fleuve^ en ce moment d'humeur débonnaire, jura de conduire les voyageurs sains et saufs au terme de son cours'.

Il va sans dire que le tonnerre est souvent divinisé. C'est, disent les Fantis, le bruit résultant du passage d'une divinité, Yaung Coumpon, qui fend rapidement l'atmosphère.

Chez les Bambaras, une sorte de religion générale a été créée par l'initiative de quelques indigènes, qui avaient voyagé hors de leur pays. Ils rapportaient qu'en d'autres contrées, ils avaient vu un dieu appelé Bouri, dont le pouvoir était très grand, et à leur instigation tous les chefs se créèrent un Bouri. Les fondateurs de cette nouvelle religion furent eux-mêmes très vénérés, et on leur faisait leur part de butin dans toutes les expéditions guerrières. Les Bouris eurent bientôt des temples et on les consultait souvent. Pour

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