R. et J. Under. Hist. univ. voy. vol. XXX
ii4. L'ÉVOLUTION REUGIEUSE.
cela, il suffisait de couper à demi le cou d'une poule et de bien noter quelle était la position du volatilC; quand il mourait. Si la poule expirait en tombant en arrière, c'est que Bouri disait «oui » ; tombait-elle, au contraire, la léte en avant, c'était « non* ».
Toutes ces croyances sônl bien primitives, bien ordinaires aussi; elles ne sont pas plus intelligentes que celles des nègres du Gabon et même des plus sauvages de ces nègres. Pourtant, dans la vaste zone dont je parie, l'évolution religieuse a fait Un pas en avant. I^s fétiches sont de même ordi'e, l'animisme est le même que chez les nègres les plus inférieurs; mais presque partout le culte s'organise, le prêtre naît et le temple s'élève. Dans l'Afrique occidentale, les Koui ankos et les Mandingues ont, à l'entrée de chacun de leurs villages, une case-fétiche*. Il en est de même chez tes Timannis' et dans toute la vallée du bas et moyen Niger. Sur le bord de la rivière Moussa, Clapperlon a vu une case-fétiche, entourée d'un espace soigneusement sarclé, purgé de plantes gênantes. La porte de cette cabane sacrée était fermée par une natte, qu'il était interdit de soulever. Les dévots se contentaient de se prosterner devant cette entrée et glissaient discrètement derrière la natte quelques cauris, la monnaie du pays, afin d'obtenir de la pluie, et par suite des grains et des ignames^. A Koulfa, où la population est mi-partie musulmane et païenne, on a des cases sacrées, pleines de figures sculptées représentant des animaux et des hommes^. A Damaggou, près du Niger, les frères Lander virent un temple rudimentaire, pauvre petit hangar supporté par quatre piliers et recouvert de chaume. Cet édicule abritait un fétiche