Clapperlon. loc, cU
religieusement gardé par deux jeunes gens et une femme, et qui avait les mêmes goûts et les mêmes besoins que ses adorateurs. En effet les voyageurs, ayant tué un taureau pour s'alimenter eux et leur escorte, on les pria de faire rôtir leur viande au-dessous de Tidole, placée sur une estrade, afin qu'elle pût humer l'odeur de la chair brûlée et même en manger un petit morceau, si le cœur lui en disait. En même temps on enjoignit aux voyageurs de se bien garder de faire cuire des yams à l'endroit consacré; car c'était une nourriture trop vulgaire, indigne du dieu*. Sur le Niger, les mêmes voyageurs virent une île sacrée servant de résidence au diou'diou ou grand prêtre fétiche. Ce personnage habitait dans l'Ile, seul avec ses femmes, et nulle autre personne n'avait le droit de s'y fixer*.
Ces populations ont donc constitué déjà les éléments principaux des cultes sérieusement organisés, de ceux qui ont pris un si énorme développement dans les pays plus civilisés; puisqu'elles ont des dieux figurés, des idoles placées dans des cases spéciales et très vénérées, et qu'en outre ces temples rudimentaires ont leurs gardiens et leurs prêtres attitrés.
Le culte proprement dit consiste là, comme partout, soit à s'humilier devant l'idole, soit à lui faire des offrandes, en résumé, à s'efforcer de capter sa bienveillance pour utiliser à son profil le pouvoir qu'on lu! suppose. Mais le rôle du sorcier, de l'intermédiaire entre les fétiches et leurs adorateurs, est encore mal défini : le sorcier n'est pas tout à fait un prêtre. Bien souvent le dévot s'adresse directement à son dieu et parfois il le fait d'une façon originale. Ainsi un Timanni, voulant se venger d'un homme qui avait souillé le tombeau de son père, s'en alla à la case-fétiche, où il offrit au dieu un peu de vin de palme et le sacrifice d'un poulet; puis