Laffitte. Le Dahomé
populaire les objets fétiches, qui consacrent tel arbre, telle fourmilière, etc. Ces fétiches changent au gré du prêtre. Pour qu'un objet quelconque devienne fétiche, il suffit que le féticheur dise : « Il y a là un dieu* ». Les Dahoméens croient aussi que des esprits invisibles voltigent çà et là dans Tair et, au coucher du soleil, ils ont soin de placer près de leurs cases des aliments à Tusage de ces esprits aériens\ Toujours les maladies résultent du mauvais vouloir des esprits' et on les peut combattre au moyen de gri-gris appropriés\ Les Dahoméens se fabriquent aussi des dieux anthropomorphes, des idoles d'argile qui gardent l'entrée des cases. D'autres idoles sont disséminées dans la campagne au pied des plus beaux arbres; parfois pourtant on leur construit une case circulaire. A ces idoles on offre de la viande, des fruits, des légumes, car elles ont besoin d'aliments, et l'on a soin de leur sacrifier des poulets, des moutons, des boucs* à peu près comme on le fait dans tous les pays nègres. De même que les autres populations nègres, les Dahoméens recourent aussi aux épreuves judiciaires'.
Tout cela est ordinaire; mais le Dahomey, l'Achanti, etc., se distinguent des autres pays nègres par l'exagération de la zoolâtrie et des sacrifices humains. On y adore divers animaux, notamment la chauve-souris ^ Comme dans l'antique Egypte, chaque localité a ses animaux sacrés. A Agbomé, on exècre tous les reptiles; à Ouidah, on les adore. Le boa surtout est vénéré. II a sa case à lui, plusieurs serviteurs et un médecin spécialement chargé de surveiller