‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 127 sur 555 · Bowdich. Hi$t, univ. voy. vol. XXVII · texte numérisé non relu

Bowdich. Hi$t, univ. voy. vol. XXVII

L'ANIMISME DANS t'AFRIQUE TROPICALE. 125

sist£inl à porter au roi défunt, dans le Dahomey d'oulretombc, des nouvelles du Dahomey d'avant la tombe. On pensait aussi que ce sacrifice aurait encore un aulre eflel utile, quoique singulier pour un esprit européen, celui d'attirer les navires de commerce. — Le 16, le ministre de la justice présenta au iH)i régnant, pour qu'il lui donnât quelques commissions, un captif bâillonné. Plusieurs grands chargèrent aussi le miîme messager de diverses communications pour l'ombre royale, et le courrier funèbre promit de les faire exactement. Suivant l'usage, on lui donna à titre de fruis de route une piastre et une bouteille de tafia. Deux heures après, le même jour, quatre autres envoyés furent expédiés de la même manière en même temps qu'un vautour, une biche, et un singe, bâillonnés comme eux. — Le 23, sacrifice de 23 cabocères musiciens; ces artistes avaient pour mission de charmer l'oreille du roi défunt. Le 30 et le 31, sacrifices spontanés faits par divers notables : plus de cinq cents têtes tombèrent en deux nuits. Le 4 août, 15 captives furent poignardées : on les envoyait ainsi au roi Guézo pour que, avec leur sollicitude féminine, elles en prissent soin dans l'autre monde. Le 5 août, sacrifices funémires au nom du roi lui-même : décapitation de 15 femmes et de 35 hommes, tous bâillonnés, ficelés, dans la position accroupie que l'on donne aux cadavres. On y joignit quatre noirs magnifiques destinés à servir d'ombres de cochers à l'ombre d'un petit carrosse, que l'on adressait au monarque mort. Le roi régnant assistait tranquillement, sur une estrade et la pipe à la bouche, à ces immolations. Les massacres continuèrent ainsi pendant deux mois, et, après chacun d'eux, on avait soin de faire étalage des cadavres.

Tous ces meurtres pieux eurent lieu sans préjudice des fameuses Coutumes, qui se célèbrent, chaque année, vers la fin d'octobi*e, et durant lesquelles on abat sept à huit cents

lëlcs. Âussilôl terminée la série des sacrifices, dont la mort de Guézo avait été le signal, le roi régnant devait se mettre en campagne pour se procurer le personnel de prisonniers nécessaires à ces Coutumes traditionnelles.

Dans le Dahomey el TAchanti, nous venons de voir Tanimisme africain exalté jusqu'au délire. Transporlons-nous maintenant à Tautre extrémité de la zone tropicale, dans la région maintenant célèbre des grands lacs, où se sont constituées de petites monarchies, assez analogues au Dahomey comme importance et civilisation. Là, nous trouverons le même animisme, mais réduit à de modestes proportions, ce qui est évidemment une affaire de race.

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