Haiiuiiig Speke. Sources du Nil, 5 15. î. lUid
L'AMMISMR DANS L'AFRIQUE TftOPlCALE. 12»
sédées par le même prince avait, crôyait-il, la verlu de gratifier son porteur du don des langues*. Le monarque ne doutait pas qu'avec des charmes, des « cornes magiques » convenables, tout ne fût possible, et il demanda à Speke c un charme qui lui pût gagner le cœur de ses sujets »'.
La croyance à la magie est générale dans toute cette région. Un indigène vint tout tranquillement demander à Speke un sortilège pour tuer son frèrc\ Le roi M^tésa, lui, aurait voulu une « médecine » qui le préservât de la foudre*. Dans l'Ouganda il y a des sorciers et des sorcières, bizarrement attifés, qui conjurent le mauvais œil, retrouvent les objets volés, guérissent les maladies, dues ordinairement à des maléfices\ Le cordon ombilical constitue un fétiche de premier ordre et on le conserve avec grand soin*. Évidemment on croit à la survivance après la mort, puisque les cadavres des grands sont soigneusement momifiés par une lente dessiccation et placés sous la garde perpétuelle des femmes favorites du mort', mais il ne semble pas qu'on soit hanté par la terreur des spectres, comme en tant d'autres régions de l'Afrique. Des procédés magiques sont employés pour discerner, en cas de compétition, le légitime prétendant à la couronne. Il est certain tambour symbolique, chargé de talismans, qui acquiert un poids énorme pour tout le monde, excepté pour le prédestiné au trône*.
La nature, croit-on, est peuplée de génies; il y en a dans certains rapides et ils ont disposé à dessein des roches au milieu des courants*. Au fond du lac Albert réside aussi un