Ibid
150 LÉVOLUTION REUGIBUSE.
Les gi*aads fétiche^ ne suffisent pas aux Uovas, ils en avaient et en ont encore quantité de petits, des gri-gris, qui préservaient des accidents, rendaient invulncr.able§*. Avec les sikidy^ grains d'un certain arbre, on fait des combinaisons qui servent à dévoiler l'avenir, à découvrir les voleurs, à retrouver les objets perdus*. — En tout pays, les talismans supposent presque toujours les sorciers. Ceux-ci, chez les Malgaches, ont des acc^s extatiques ou catalep-» tiques, pendant lesquels, possédés par Mn esprit, ils rendent pUbliqu(;ment des oracles'.
Le culte malgache est ou était tout à fait primitif et. Ton peut dire, négroïde. On faisait aux dieux ou aux esprits des offrandes de riz cuit et de poules : on priait pour apaiser les esprits des morts, pour hâter la fin d'une éclipse, et les invocations ou supplications étaient ordinairement chantées^. Maiâ la prière malgache était aussi primitive que le culte. Quand on s'adressait aux êtres mythiques, ce n'était, pas pour leur rendre hommage, mais simplement pour leur demander un service ou uiie faveur. Un indigène répondit naïvement à un missionnaire qui lui disait « Viens à la prière » : — « Prier quoi? %, c'est-à-dire : « en ce moment-ci je n'ai besoin de rien' ». Quand il s'agissait d'une chose importante, par exemple, d'obtenir une bonne récolte, on allait jusqu'à immoler un bœuf à Zanaharry. Le sacrifice se faisait en cérémonie, avec chants, cassolettes d'encens et par lés mains d un chef de clan oti de tribu. Une fois l'offrande achevée, l'animal était dépecé et les morceaux en étaient emportés par les assistants. Lé dieu devait donc se contenter de l'intention.' Les mission* naires européens ont travaillé et travaillent encore en ce mo-