Spencer. Sociologie, h
iZ» . L'ÉVOLUnON BELIGIEUSE.
dont j^aurai à reparler. Lui « et sa compagnie de dieux » lançaient, le soir, des flèches de feu contre les étoiles*, etc. Ces flèches de feu étaient des fusées. Mais le simple exposé des coutumes et croyances mythiques en Polynésie contiendra forcément quantité d'autres faits animiques. Je commencerai, comme précédemment, par les rites funéraires.
A la Nouvelle-Zélande, on supposait évidemment que le cadavre conservait, quelque temps au moins, un reste de sentiment. On commençait en effet par parer le mort, Toindre d'huile, orner sa chevelure de plumes. Ensuite on le plaçait debout dans un coflre en bois ; puis, agenouillés devant le x^orps, les amis lui parlaient, poussaient des cris, se lacéraient la peau\ Cette coutume de manifester sa douleur, ou plutôt d'apaiser l'ombre du mort en s'infligcant des incisions ou des mutilations, était générale en Polynésie et surtout dans les archipels les moins civilisés; car on ne l'a guère signalée à Taîli. A la Nouvelle-Zélande, au contraire, les femmes portaient toujours, en guise de pendant d'oreiIle« une dent de requin, spécialement destinée à ces sanglantes pratiques funéraires'. En poussant des hurlements plaintifs, des lamentations, pi*essant leurs visages les uns contre les autres, elles mêlaient leurs larmes et leur sang\ A l'envi les unes des autres, elles se déchiraient la figure, les épaules, là poitrine'^. Ces pratiques étaient usitées même dans des circonstances où te deuil n*avail rien à voir, par exemple, quand des amis revenaient après une absence, fût-elle assez courte*^: elles étaient sûrement alors des sacrifices propitiatoires.
Mémos coutumes aux iles Marquises, à la mort des proches