‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 147 sur 555 · Ibid. VI · texte numérisé non relu

Ibid. VI

assommant d'un seul coup, iantôt en les torturant lentement. Les enfants sacrifiés étaient écrasés sur les marches mêmes du moraï et leurs membres offerts en pâture aux doubles des morts, aux ombres malveillantes, voraces et cannibales. Les moraïs étaient de diverse sorte. 11 y en avait de petits, des moraïs particuliers; d'autres, de très grande dimension, servant à toute l'île. A Taïti, le grand moraï à'Ata-Hourou formait une pyramide de 250 pieds de long sur 90 de large et et avait 50 pieds de hauteur. Son esplanade supérieure mesurait encore 170 pieds de longueur et 6 de largeur. Des degrés, de 6 pieds de haut chacun, conduisaient au sommet et l'ensemble rappelle singulièrement les téocallis du Mexique*. Les célèbres plaies-formes et statues de l'ile de Pâques sont aussi évidemment des moraïs.

De tout cet ensemble de faits force est bien de conclure que les Polynésiens croyaient fermement à une survie du double après la mort et aussi que ce double, d'habilude malintentionné, avait les mêmes besoins, les mêmes goûts que l'individu avait ressentis durant son existence terrestre. Mais nous n'en sommes pas réduits à ces constatations générales pour savoir ce que pensaient les Polynésiens à propos des doubles, des ombres et de leur genre d'existence.

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