‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 148 sur 555 · CruUet journal · texte numérisé non relu

CruUet journal

LANIMISNE EN POLYNÉSIE. 145

Noukahiva*. A la Nouvelle-Zélande et ailleurs, les âmes pouvaient se séparer des corps pendant la vie; on expliquait le rêve par un dédoublement momentané; Fesprit quittait le corps endormi et ses impressions et aventures constituaient les songes'. Les esprits sans corps, ceux des ancêtres, venaient aussi visiter leurs descendants, parfois sous une forme animale, sous celle d'un lézard, par exemple^ Quand il arrivait à un Néo-Zélandais d'en tuer un autre dans un combat, il prenait autant que possible diverses précautions contre la vengeance de son ombre ; mais (ouïes ces précautions étaient d'un caractère anthropophagique. On commençait par goûter un peu du sang du mort, afin de désarmer son double (waidoua ou eatoua); car à Thomme qui avait absorbé ainsi une parcelle de la substance du vaincu, l'esprit de celui-ci ne pouvait plus nuire^. Si Ton réussissait à manger tout entier le corps de lennemi tué, on était mieux garanti encore; car alors l'individu était complètement détruit, corps et esprit^ A tout le moins fallait-il manger l'œil gauche; car l'œil gauche, surtout celui d'un chef, était un esprit qui, après la mort, montait au firmament pour s'y transformer en étoile. Par le seul fait d'avoir mangé l'œil gauche d'un ennemi, on doublait la spiritualité du sien, qui, plus tard, deviendrait pour cette raison une étoile bien plus éclatante*. L'œil droit, au contraire, semble avoir été particulièrement le siège d'un autre esprit, mais terrestre, d'un esprit, qui, pendant trois jours après la mori, voltigeait autour du cadavre en entendant fort bien tout ce que l'on disait, et s'en allait ensuite au séjour des ombres, au Beinga\ La séparation définitive de

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