III. — LA VIE FUTURE
Avec quelques variantes, on retrouve dans tous les archipels polynésiens des croyances très analogues au sujet de la vie future. A la Nouvelle-Zélande, Tàme, le double, l'ombre du défuntt après avoir voltigé, pendant trois joui*s, autour du cadavre, s'envolait vers le Reinga, montagne située au cap nord de la grande lie. Elle y était parfois emportée par un esprit (ea(oua) bienveillant, qui même la disputait à un autre esprit plein de mauvaises intentions*. Arrivée sur le promontoire, l'ombre (Waidoua^ Varoua) plongeait ou était plongée dans la mer, à travers les profondeurs de laquelle elle arrivait dans le monde des doubles\ Dans ces Champs- Elysées sous-inarins, les esprits menaient une existence calquée sur celle des vivants. La guerre élait leur principale occupation dans le Pônani (Nuit éternelle)* et, pour se refaire des fatigues guerrières, les esprits des Néo-Zélandais faisaient dans ce Pônani de copieux festins. Cette existence future, si peu spirituelle, élait en conformité parfaite avec les goûts des insulaires et ils n'en voulaient pas admettre d'autre. A un missionnaire wcsleyen préchant devant une assemblée de naturels, l'un des assistants répondit avec véhémence t qu'il ne voulait pas aller dans le ciel des chrétiens, encore moins dans leur enfer, où il n'y avait que du feu