‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 153 sur 555 · Cook. (Deuxième Toyage). Hitt. univ. voy. vol. YHI · texte numérisé non relu

Cook. (Deuxième Toyage). Hitt. univ. voy. vol. YHI

A force d'offrandes, de cadeaux aux prêlres, on pouvait pourtant obtenir de ceux-ci qu'ils fissent passer les ombres du Po ténébreux dans le radieux Rohoutou. Le Po était donc une sorte de purgatoire analogue à celui des catholiques; mais il en coûtait si cher pour en sortir, que les gens de peu n'espéraient guère arriver jamais à la demeure des bienheureux. Les hôtes du Rohoutou y menaient une existence délicieuse. Dans ce paradis polynésien, le soleil brillait toujours, l'air était embaumé; on n'y connaissait ni la vieillesse, ni les maladies, ni la douleur, ni la tristesse; les fleurs étaient toujours fraîches; les fruits toujours mûrs. On y mangeait sans cesse des fruits à pain et du porc. Les chants, les danses, les fêtes étaient sans fin. On y goûtait même les plaisirs de l'amour et avec des femmes éternellement jeunes et belles*. Les époux se retrouvaient dans la terre des esprits; ils y avaient une habitation séparée et procréaient même des ombres d'enfants. Les ennemis s'y rencontraient aussi et pour s'y livrer des combats furieux, mais toujours sans résultat; car ils étaient devenus invulnérables*. En résumé, les doubles aristocratiques menaient dans le ciel la même vie de plaisir que celle des ai'éoïs sur la terre. La perspective de la vie future n'aurait donc rien eu d'effrayant, pour les Taïtiens et les Havaïens, si les dieux n'avaient été extrêmement exigeants au point de vue du culte, des hommages qui leur étaient dus sur la terre. Aussi les individus qui s'étaient rendus coupables d'infractions aux rites religieux mouraient-ils parfois dans d'épouvantables transes, en invoquant l'intercession des prêtres', à peu prés comme mourut, paraît-il, notre célèbre Bossuet : tant peuvent se ressembler les effets des religions en apparence es plus différentes.

i. Mœrenhout. Loc, cil. I, 45i.

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