Tylor. Loc. cil
humains, bref» tous les élres cachés jusqu'alors entre eux devinrent manifestes. Tel fut l'effet du prodigieux effort de Tanè. »... Depuis leur séparation, le ciel et la terre sont restés constamment éloignés l'un de l'autre ; mais leur . amour n'a pas faibli. Le matin, les soupirs tendres et tièdcs que Papa laisse échapper de son sein, remontent les vallées, puis les coteaux boisés des montagnes, puis se font nuages et puis gagnent le ciel. — Et, le soir, les pleurs que Ranguî répand en souvenir de sa bien-aimée, coulent abondants sur sa poitrine, traversent l'espace et nous arrivent enfin gouttes de rosée*. Ce qui frappe tout d'abord dans ce mythe gracieux, c'est sa grande ressemblance avec le mythe gfec à^Ouranos et de Gaia, du ciel et de la terre helléniques; d'où l'on peut inférer soit une très lointaine communauté d'origine dans l'Asie préhistorique, soit une mentalité très analogue chez les primitifs Hellènes et chez les Néo-Zélandais.
Il est certain que les deux races ont un animisme de même ordre, un animisme anthropique. En effet, tous les dieux principaux du panthéon polynésien ont la forme humaine. Le mythe néo-zélandais de Ranguî et de Papa nous fait connaître les principaux dieux de la race, qui tous sont des dieux anthropomorphes, personnifiant les grandes divisions de la nature : le dieu et père des vents et tempêtes (Taboukiri-maléa)^ le dieu et le père des aliments cultivés (Rong(Mna-tanè), Tangaroay père des poissons et reptiles, le père et dieu des aliments sauvages (Haoumia-tiki-tiki), enfin Tanè-Mahoula, père et dieu des forêts et des animaux sylvains*.
Dans les autres îles et archipels, les noms et attributions des dieux varient; mais tous sont de la famille des divinités néo-zélandaises.
1. G. Grey. Polynesian Mythology, etc. traduit par A. E. Folëy, m Quatre années en Océan ic, 266.