‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 158 sur 555 · G. Grey. Loc^cit · texte numérisé non relu

G. Grey. Loc^cit

A Noukahiva, tout était ou pouvait devenir atoua ou divin. Les vaisseaux européens descendaient du haut des nues; leur canon, c'était le tonnerre*. On reconnaissait des divinités supérieures, gouvernant les éléments, et d'autres, de second ordre, hantant les montagnes, les vallées, les bois et les ruisseaux, toujours à la manière hellénique. La paix, la guerre, le tatouage, les danses et chansons, la pirogue et la case avaient leurs atouas*. Tous les hommes distingués à un titre quelconque possédaient des atouas ou étaient eux-mêmes atouas. 11 en allait ainsi pour les préIres, les rois, les Européens'. En mourant, les prêtres et les guerriers redoutables laissaient derrière eux des doubles, des atouas. Les esprits des guerriers étaient malveillants, farouches. Celait leur voix, que Ton entendait dans la foudre, les rafales, Touragan, le mugissement des flots*.

Même polythéisme primitif à Tonga, seulement les noms des dieux changent; chaque île a le sien ou les siens. Lors du passage de Cook, la plus puissante divinité des Tongans était de sexe féminin; elle s'appelait Kalla foulonga. Sa demeure était au ciel, d'où elle régentait le tonnerre, les vents, la pluie, etc. Sa mauvaise humeur se manifestait par des coups de foudre, de mauvaises récoltes, la maladie, la mort des cochons, des chiens, des hommes. D'autres dieux étaient disséminés un peu partout. Les nuages, la brume avaient leurs dieux ; l'Océan en logeait plusieurs^ Un dieu, tantôt Maoui, tantôt Lofia, était couché au fond du cratère du volcan Tofoua. Son lit était bien dur, aussi se retournait-il de temps à autre, et par cela même causait, chaque fois, un tremblement de terre*.

1. Knisenstem. Hisl, univ. voy. vol. XVII, 15. % Kadiguet. Dernière sauvages, 226.

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