Th. West. Loc. cit
A Samoa, il y avait des animaux sacrés, probablement totémiques, que Ton ne pouvait manger sans encourir la colère de ceux qui les vénéraient*.
Comme les insulaires de Tonga, ceux de Havaî avaient placé une divinité dans leur volcan. Celait la déesse Pelé, qui inspirait à ses adorateurs une vive frayeur mêlée de respect. Pelé pouvait sortir de son cratère, même se loger dans le corps de ses prétresses, qui alors devenaient ses instruments et avaient la faculté de guérir les malades*. En même temps, les Havaîens reconnaissaient nombre d'autres dieux et esprits. Les doubles des rois, des héros, des prêtres formaient une légion de dieux inférieurs, hiérarchisés comme sur la terre. Ces esprits étaient parfois très malveillants et on les exorcisait. Il y avait aussi beaucoup de dieux marins. Enfin chaque chef avait ses dieux particuliers. Aux divinités et aux esprits on faisait des offrandes et des sacrifices, même des sacrifices humains. On ne répugnait pas non plus à adorer des animaux. Le requin avait ses fidèles, qui souvent lui offraient des victimes humaines. On pensait qu'après s'être assimilé les doubles, les ombres, de ces victimes, l'animal épargnerait plus volontiers les membres de la famille qui lui avait fait l'offrande ^
A plus forte raison adorait-on les hommes, et rien n'atteste mieux le tour anthropolàtriquede la pensée mythique chez les Polynésiens que la déification du capitaine Cook par les Havaîens. Une légende havaïenne racontait l'aventure d'un très ancien chef, LonOy qui, après avoir tué sa femme par jalousie, était parti sur une pirogue à voile triangulaire pour des régions inconnues, en disant qu'un jour les arrière-petits-enfants des indigènes le verraient revenir sur une île flottante^. A première