‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 160 sur 555 · De Yarigny. Quatorze ans aux Ue$ Sandwich · texte numérisé non relu

De Yarigny. Quatorze ans aux Ue$ Sandwich

vue, les prêtres reconnurent dans les navires anglais les iles flottantes annoncées par Lono et Cook devint le dieu Lono accompagné d'un troupe de dieux inférieurs. Mais ces dieux inférieurs, les matelols anglais, s'emparèrent un beau jour de poissons destinés à la déesse Pelé, puis détruisirent pour en faire du bois de chauffage Tenceinte d'un moraï; enûn, chose extraordinaire, le Lono anglais ne comprenait pas la langue du pays et surtout, étant pressé trop foiiement, il eut la faiblesse de pousser un cri de douleur: c II crie; ce n'est donc pas un dieu ». On le tua aussitôt, lui et plusieurs de ses sous-dieux. Étrange! Le sang coulait des blessures de ces ôlres supérieurs*. Néanmoins les os de Cook furent recueillis par les indigènes et devinrent même des reliques sacrées, que promenaient les prêtres pour percevoir des tributs.

Dans les iles de la Société, surtout à Taiti, la religion des Polynésiens avait pris tout le développement dont elle était susceptible. Les hommes divinisés n'y étaient pas rares non plus. A Borabora, Cook vit un vieillard paralytique, qui était le dieu de l'Ile'. A Taïti, le roi et le dieu se confondaient presque, se partageaient l'aulorité; parfois l'identification était complète'. La phraséologie en usage pour parler du monarque ou de ce qui l'environnait avait un caractère religieux. La maison du roi, c'était « les nuages du ciel »; son canot, c'était Tarc-en-ciel ; sa voix, c'était le tonnerre; les torches de la maison royale étaient des éclairs. En voyant la personne sacrée du roi, l'on disait que c l'éclair brillait dans les nuages » ^. Dès leur plus bas âge, les chefs étaient des sortes de divinités dont on n approchait qu'en tremblant, et, à leur mort, pour peu qu'ils eussent accompli quelque

i. De Varigny. Quatorze années aux iles Sandwich, 18, 23.

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