H. Spencer. Sociologie, I
ihS L'ÉVOLUTION RELIGIEUSET
action d'éclat, ils étaient tout à fait mis au rang des dieux'.
Il y avait des dieux pour les différentes iles et même pour les divers districts. Comme les divinités helléniques, celles des îles de la Sociélé se mêlaient aux hommes. Les insulaires de Borabora disaient que leur dieu Oraa combattait avec eux. On adoptait aussi très volontiers les dieux des tribus ou peuplades qui avaient été victorieuses'. Il y avait des dieux personnels ou de famille, très capricieusement choisis, comme les fétiches des nègres. Souvent ces dieux subalternes ou Oromalouoas étaient des animaux sauvages, des reptiles, des poissons, etc. On les consultait ; on en attendait des secours, etc.'.
Les dieux supérieurs, souvent astronomiques ou météorologiques, résidaient dans sept cieux hiérarchiquement superposés^. Chacun de ces grands dieux avait sa légende; on se racontait, on chantait ses aventures. Le dieu Rii avait séparé la terre des cieux, qu'il avait étendus au-dessus d'elle, comme un rideau. Le dieu Mahoui avait tiré la terre, ou plutôt l'ile, du fond des eaux ; il avilit réglé le cours du soleil et créé ainsi le jour et la nuit. Rou, le dieu du vent d'est, du vent alizé, avait gonflé la mer et émictlé la terre en iles nombreuses. D'autres dieux, toujours anthropomorphes, avaient péché des lies au fond de l'océan avec des hameçons de nacre, etc. Mais le plus grand, le plus honoré de ces dieux, à Taïti et dans beaucoup d'autres iles, c'était Taaroay dont « l'univers n'était que la coquille ». H faut noter au passage cette mélaphore hardie, comme celles des enfants, qui représente l'univers sous la forme d'un grand mollusque testacé, blotti dans sa coquille '^. Tous les Alouas supérieurs
i. Mœrenhout. Loc. cit. H, 16.