Ibid. I
Le culte proprement dit variait quelque peu dans les divers archipels, comme les monuments religieux. A la lle-Zélande, où il n'y avait pas de moraïs et peulas d'idoles, le culte consistait surtout, en dehors des Dnies sacerdotales, à chanter sur le champ de bataille éj poésie composée d'un certain nombre de strophes [)mpagnant ordinairement les oflrandes de vivres aux . Car les dieux étant, en Polynésie, conçus comme res humains, les offrandes sacrées étaient toujours érables.
n'avait pas encore inventé chez les Polynésiens la méthodique, quotidienne et à heures fixes. Un prêtre landais déclarait même ne rien comprendre à la re de prier des Européens. Quant à lui, il ne s'adressait ua que dans les moments où il en avait besoin'.
les moraïs, dont même les prêtres ne devaient ïher que nus jusqu'à la ceinture^ et dont l'accès était, peine de mort, interdit aux femmes*, on offrait sans des fruits, des porcs, etc.; mais très fréquemment, oute circonstance un peu grave, il fallait des victimes nés. A Tonga, on en sacrifiait rien que pour solenle paiement des tributs des iles vassales ^ Les dieux isiens aimaient les victimes humaines; ils s'en nourint et, quand on avait satisfait leur gourmandise cannion pouvait tout leur demander et tout en oblenir\ lirement les victimes humaines étaient assommées à oviste et leurs corps portés ensuite au moral. Parfois tant les chefs les avertissaient symboliquement en leur
/. Astrolabe* 105.
/. Astrolabe, (Pièces justificatives;, 341.
irenhout. Loc. cit. I, 507.
»k. (Troisième voyage). Uist, univ. voy. vol. X, 21.
ofTrant un petit caillou. Le malheureux ainsi choisi pour le sacriOce n'avait pas même l'idée de protester. Il répondait simplement t voli » (Cela suffit ou j'y consens) et était surle-champ assommé' . Pendant la cérémonie qui suivait, au moraîy le prêtre extrayait soigneusement l'œil gauche de la victime et l'otTrait d'abord au roi, qui ne le mangeait pas, mais devait pourtant ouvrir rituellement la bouche*. Le droit de manger l'œil, ou plutôt d'en faire semblant, était un privilège royal; car cet œil était, comme nous l'avons vu, le siège du Ouaidoua. En Polynésie, on usait et abusait des sacrifices humains. La seule appréhension d'une guerre suffisait pour en motiver'. Certains aspects de la lune rendaient aussi un sacrifice humain nécessaire*. Quand un chef contractait une alliance guerrière avec un autre, il sanctionnait le pacte par un sacrifice humain % etc., etc. Enfin toute violation d'un tabou et même la simple abolition d*un tabou exigaient des victimes.
Trop de fois j'ai eu occasion de parler de la coutume du tabou en Polynésie pour m*y attarder beaucoup en ce moment. On sait, que le tabou était un interdit lancé par les prêtres ou même imposé par la seule coutume dans nombre de circonstances de la vie. Il y avait des tabous tutélaires, par exemple ceux qui interdisaient, en cas de mauvaises récoltes, la consommation des bananes et ignames sauvages^; ceux aussi qui tnbouaient telle ou telle baie, en y prohibant la pêche aux flambeaux, quand le poisson s'en éloignait^; ceux encore qui arrêtaient la consommation des poules ou des cochons, quand ces ani
i. Mœrenhout. Loc, cit, I, 510.