Radiguet. ïjk. cit
maux devenaient rares. Mais quantité d'autres tabous étaient vexatoires ou capricieux. La personne des prêtres, des chefs était tabouée*. Les mets des hommes étaient taboues pour les femmes*. La nouvelle accouchée était tabouée et ne pouvait porter elle-même ses aliments à sa bouche', etc. Le pouvoir de prononcer le tabou, d'en châtier la violation, etc., donnait aux prêlres, généralement d'accord avec les chefs, un pouvoir énorme.
Cette coutume du tabou avait sûrement beaucoup contribué à faire l'éducation religieuse des Polynésiens, à leur persuader que les dieux petits ou grands s'intéressaient à tous les actes de leur vie. Ainsi, avant d'abattre un arbre pour construire une pirogue, ils allaient, la hache à la main, au moraï pour en donner avis aux dieux et leur apporter le premier morceau détaché de l'arbre. La pirogue achevée, on ne la lançait à l'eau qu'après des prières au moraï et en présence d'un prêtre. On devait offrir aux alouas une partie des aliments, que l'on partageait avec un ami; avant de recevoir un étranger, il fallait encore consulter Vatoua^. Comme les Polynésiens se figuraient leurs atouas tout à fait semblables à eux-mêmes, ils essayaient parfois de ruser avec eux. Ils offraient, par exemple, sur le moraï, (les fruits verts ou des aliments de mauvaise qualité, en disant : « Voilà tout ce que nous avons; faites mûrii' les fruits; donnez-nous une abondante récolte... alors nous apporterons ce que nous aurons de meilleur'. »
La religion jouait donc un très grand rôle dans la vie polynésienne; aussi, en dehors des cérémonies ou offrandes occasionnelles, on avait déjà institué des fêtes régulières,