‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 177 sur 555 · H. Spencer. Sociologie^ I · texte numérisé non relu

H. Spencer. Sociologie^ I

Les animaux ont des doubles fout comme les hommes ; aussi, quand un chasseur a tué un animal sauvage, il a bien soin de lui verser dans la gueule un peu de chicha, etc. L'âme de la béte morte fera, croit-on, savoir aux animaux de son espèce l'agréable manière dont elle a été traitée et ils voudront se faire tuer aussi pour jouir de la même faveur*. Les Abipones, eux, pensent tout simplement que l'ombre du mort erre dans les forêts avec des intentions malveillantes ; l'écho est la voix de cette ombre et ils en ont grand' peur*. Les Indiens de l'embouchure du fleuve des Amazones croyaient aussi que les esprits de leurs parents saisissaient toutes les occasions de nuire aux vivants. C'étaient ces esprits, qui soulevaient des tempêtes et submergeaient les pirogues, soit dans la mer, soit sur le fleuve'. Qu'est-ce que cet esprit du mort? Les indigènes du Nicaragua pensent que c'est quelque chose qui s'exhale de la bouche au moment de la mort, exactement le spiritus des Latins*; car rien n'est plus commun que cette grossière explication.

m. LES DIEUX

Au point de vue de la création des mythes proprement dits, les Indiens de l'Amérique du Sud ne sont pas tous arrivés au même degré devolul ion. Les Fuégiens n'ont pas encore franchi la première étape dans la voie de l'illusion religieuse. Certains d'entre eux croiraient, cependant, qu'un grand homme noir erre par les bois et les montagnes et a le pouvoir d'influer sur le temps et sur la conduite des hommes^. La

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