Ibid. I
éclairs les âmes de leurs morts. La lune élait pour eux une femme, leur mère, et, lors des éclipses, elle était attaquée par des chiens'. Chaque village des Moxos avait ses dieux : le génie du tonnerre, celui de la poche, celui de la chasse ; mais la principale divinité était le jaguar^ auquel on dressait des autels desservis par les individus qui avaient eu la rare chance de sortir vivants de ses griffes. A ce dieu trop réel on prodiguait les offrandes*.
Comme les ombres des morts, ces dieux ou génies primitifs sont presque toujours malintentionnés pour les pauvres humains. Agnariy personnage mythique, adoré autrefois près de l'embouchure du fleuve des Amazones, persécutait, jour et nuit, les indigènes, les battait sans cesse durant la vie et les tourmentait encore après la mort'. Les Abipones ne croyaient aussi qu'à des esprits méchants, et il en était de même des Coroados*. Les Guaranis avaient, comme tant d'autres: primitifs, déifié le tonnerre; c'était Toupan, un fort grand et fort redoutable dieu*. Par exception pourtant, leur divinité principale était un dieu bienfaisant, Tamoï\ « le vieux du ciel », qui les protégeait encore après la mort et semble bien êti-e un ancêtre divinisé. On honorait Tamoï depuis les côtes brésiliennes jusqu'aux Andes, et son culte était môme organisé. On lui bâtissait des cabanes octogones, analogues aux cases fétiches de l'Afrique équatoriale. C'était celle divinité bienfaisante qui avait enseigné l'agriculture aux Guaranis; c'était elle qui, après la mort, les transportait dans d'admirables territoires de chasse où tous, sans exception, se retrouvaient. On priait Tmnoïy mais sans lui faire ni offrandes, ni sacrifices. Les sorciers.