Ibid. I
Fuégiens avaient déjà leurs sorciers-médecins, traitant les malades par des jongleries, des gestes, elc*. Là où Fimagination est plus vive, où Ton vivifie tout, où Ton croit, par exemple, comme les Indiens de TOrénoque, que les étoiles sont des hommes « crachant la rosée*», on va beaucoup plus loin dans les pratiques de la magie. Ainsi les Patagons usent de charmes, à leurs yeux fort redoutables. Leurs magiciens peuvent tuer un individu'quelconque, pourvu qu'ils aient en leur possession un peu de ses cheveux ou de ses ongles^. Toutes les autres nations nomades des Pampas ont aussi leurs sorciers ou sorcières, qui sont en même temps des guéris-
seurs \
Les riverains de l'embouchure du fleuve des Amazones avaient une foi entière dans les visions de leurs rêves, mais, quand il leur arrivait de les comprendre difficilement, ils se les faisaient interpréter par leurs sorciers (pages ou piaches^). Ces sorciers étaient nomades, ne se montraient dans les villages que de loin en loin, et alors on les comblait de présents ; car ils avaient l'oreille des esprits ou des génies*. On se prosternait devant ces êtres puissants; on leur adressait des requêtes, comme à des dieux ; on les suppliait d'éloigner la mort, d'accorder la santé, etc.'. De leurcôlé, ils sa vaient évoquer tel ou tel esprit, soit en particulier, soit en public. L'esprit, convenablement appelé, finissait toujours par arriver c sifflant et flustant », dit un vieux chroniqueur, mais néanmoins toujours invisible. Puis il répondait aux questions du sorcier*.
i. Vay. de Bougainville, 17!2.