‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 182 sur 555 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

180 LÉVOLUTfON RELIGIEUSE.

Dans tout le midi et le centre de rAmérique, on rencontrait ou Ton rencontre encore de semblables sorciers. Partout ils guérissent les malades; à la Guyane, ils l'etrouvent en outre les objets perdus*. Chez les Abipones, ils avaient le pouvoir de se changer à volonté en tigres, et par cette seule menace ils terrifiaient et suggestionnaient leurs compagnons, qui entendaient quelquefois leurs rugissements, voyaient leur peau se tacheter, leurs ongles se transformer en griffes (Dohrilzhoffer, cité par Taylor. Civil, prim.y I., 555). Dans Tisthme, ils prédisaient l'avenir*. Mais presque partout on ne devenait sorcier qu'après un noviciat ou une pénible initiation, consistant en une longue réclusion, en jeûnes, etc. Les anciens sorciers initiaient les nouveaux' et, une fois ordonnés, tous exerçaient «ne grande autorité, d'où force présents; au Nicaragua, on leur reconnaissait même ce que nos historiens du moyen âge appellent « le droit du seigneur i»\

Le fonds animique est tellement semblable chez les hommes de toute race, que les indigènes américains demandent à leurs sorciers ou plus généralement à la magie exactement ce que les nègres d'Afrique s'efforcent d'en obtenir. Tout d'abord on s'ingéniait à faire pleuvoir par divei^s procédés, dont le plus singulier consistait à conserver des crapauds auxquels on accordait le pouvoir de faire la pluie et le beau temps, et que l'on fouettait, s'ils ne gouvernaient pas les éléments au giéde leurs adorateurs ou clients*. Les sorciers exerçaient souvent cette royauté météorologique. Un cacique chibcha faisait pleuvoir à volonté; un autre, plus puissant encore, menaçait ses sujets désobéissants de toutes sortes de maladies*. Enfin,

Page 1