Vancouver. Hist. univ. voy. vol. XIV
L'ANmiSME CHEZ LES INDIENS SAUVAGES DE L'AMÉRIQUE. 185
d'une seconde pirogue proteclrice. Toujours oft avait soin de forer des trous dans le canot, et de briser les armes et ustensiles déposés près du mort*, c'est-à-dire de luer tous ces objets. La crémation était ou est encore d'un usage assez fréquent. Les Thiinkits combinent la crémation et la sépulture aérienne. Ils commencent par brûler le cadavre, en recueillent les débris et les placent sur des estrades dans des sarcophages en bois*. LesHurons et les Iroquois pratiquaiimt la crémation seulement pendant la guerre, et ils rapportaient soigneusement les cendres dans leurs villages'. On brûlait aussi ceux qui, accidentellement, mouraient de mort violente et dont les ombres, croyait-on, n'avaient dans la vie future aucune relation avec les doubles ordinaires*. Les Tahkalis brûlent aussi leurs morts, mais pendant que le cadavre se consume, un sorcier prétend, au moyen de gestes appropriés, s'emparer de l'ombre du mort et la pouvoir insuffler dans le corps d'une personne vivante, qui après cette cérémonie prend le nom du défunt et son rang\ Les Shoshoniens brûlent le cadavre avec tout ce qui lui appartenait ^ Les Coras du Mexique brûlent aussi le cadavre, mais dans une grotte choisie d'avance par l'individu lui-même. Au lieu de brûler ce qui appartenait au défunt, ils placent tous ces objets près de la porte de son ancienne demeure pour que son double les puisse prendre sans entrer dans la case. Ils lui offrent aussi de la viande fichée sur des pieux plantés dans la campagne, afin que celte ombre, cet esprit, dont ils ont grand'peur, ne vienne pas enlever leurs troupeaux. Pour plus de sûreté, ils ont recours à des sorciers qui adjurent le double redoutable
1. VancouTer. Loc. cil. 223. — Bancroft. Native Slalet, I, 247.
*i. Bancroa. Native States^ 1, 1i3. — La Pérouse. Hi$t. univ. voy, vol. XII, 180.