‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 189 sur 555 · Domenech. Loc. cit · texte numérisé non relu

Domenech. Loc. cit

186 L'ÉVOLUnON RELIGIEUSE.

d'avoir à s'éloigner*. En Californie, les Indiens brûlaient ordinairement leurs morts avec leurs armes et effets de toute sorte*. Au Nouveau-Mexique les morts sont tantôt brûlés, tantôt inhumés dans des grottes ou des tombes avec leurs armes, vêtements, ustensiles'. Toujours on a soin déplacer aux pieds du mort ses mocassins, afin que son double les puisse chausser. On croit si bien à la persistance de la vie après la mort, que les mères font tomber des gouttes de leur lait sur les lèvres de leurs enfants décédés*. Les Iroquois étaient si fermement persuadés de la survivance du double, qu'ils allumaient, la nuit, du fou sur la tombe, pour que l'esprit pût préparer ses aliments*.

Les dons, la destruction d'objets précieux pour des sauvages, les sacrifices et mutilations funéraires proclament bien haut la ferme croyance de tous ces Indiens à une existence posthume. — Si l'on sacrifie ainsi quantité d'objets mobiliers, qui sont tantôt inhumés, tantôt exposés et abandonnés, tantôt brisés et brûlés avec le cadavre, c'est pour diverses raisons: un peu par affection pour le défunt, afin que son double arrive suffisamment pourvu dans le séjour des ombres; beaucoup par crainte, pour que l'esprit du mort, si souvent mal intentionné, ne songe pas à venir tourmenter les vivants.

Je n'ai encore parlé que des offrandes ou destructions d'objets; mais la sollicitude ou la crainte des survivants va souvent plus loin. Ainsi les Indiens de Sitka égorgeaient toujoui*s deux esclaves sur le tombeau de leur maître. Ces victimes étaient choisies et désignées bien avant le décès de leur propriétaire et se résignaient placidement au triste sort qui

Page 1