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L'ANIMISME CHEZ LES INDIENS SAIIfAGES DE L'AMÉRIQUE. 191
mènent et on les tue très facilement, sans verser leur sang. Leur chair, qui a une saveur spéciale, procure le bien-être et le bonheur. Venfei\ au contraire, est un pays septentrional, couvert de neige et de glace. On y souiïredu froid, de la faim, de mille maux. (Domenecli, loc. cil. 585.)
Sur ce qui attendait Thomme après la mort, les Peaux- Rouges de la Californie étaient divisés d'opinions. Ceux des vallées du Sacramento et du San Joaquim affirmaient, qu'après la mort leurs compaitrotes n'allaient pas, comme les blancs, habiter un autre pays, parce qu'ils brûlaient leurs cadavres, opération qui, selon eux, détruisait à la fois le corps et son doublet Cette idée, que la crémation annihile les ombres, n'est pas très rare. Un Indien de l'Amérique méridionale l'aflirma au voyageur français Crevaux ; j'en ai cité d'autres exemples précédemment, et ce peut bien avoir été l'un des motifs qui ont poussé tant de peuples à brûler leurs morts.
Des Peaux-Rouges de le baie Monterey avaient imaginé, pour les ombres, un double séjour: un paradis et un enfer. Le paradis était situé dans les nuées et les élus y trouvaient une délicieuse fraîcheur, jouissance qu'ils n'avaient pas connue durant la vie, au milieu des sables brûlanls de leur pays. Les réprouvés, au contraire, restaient cantonnés dans le fond des vallées profondes, véritables fournaises*.
Somme toute, les Indiens peaux-rouges projetaient simplement dans l'au-delà l'image embellie de leur vie terrestre. Mais, et c'est un point à noter, la vie des ombres commençait déjà à être pour eux une sorte de sanction de la vie terrestre.