‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 210 sur 555 · Ibid. I · texte numérisé non relu

Ibid. I

208 LÉVOLUTION RELIGIEUSE.

étaient sacrifiés pour l'accompagner dans le séjour des ombresf, situé au-dessus des nuages*.

L'univers, croyait-on, se partageait en trois mondes : une région élevée, au-dessus des nuages {Ilanan pacha)^ une région inférieure, souterraine ( Ven pacha), et le monde intermédiaire des vivants. Dans le monde supérieur, les bons, les élus, menaient une voluptueuse existence, toute de repos et de loisir ; ils s'y délassaient des travaux obligatoires, auxquels ils avaient été assujettis dans le Pérou terrestre. Au contraire, les méchants ou plutôt les réprouvés, du moins leui-s doubles, expiaient, dans le monde inrérieur, par de très pénibles travaux, les fautes commises durant la vie*.

Le monde posthume était d'ailleurs taillé exactement sur le patron du Pérou terrestre. L'Inca, fils du Soleil, allait tout simplement après la mort retrouver son père, l'astre du jour, évidemment conçu comme ayant une forme humaine. Les plébéiens ne mouraient pas tout entiers, comme la plèbe polynésienne; le monde futur leur était ouvert; mais ils continuaient à y travailler, à y servir les Incas, et n'avaient d'autre plaisir que d'y retrouver leui-s amis et parents'.

Toutes ces illusions sur la vie future n'auraient donc aucune originalité, si, pour la premièœ fois, nous n'y rentrions nettement exprimée une prétention morale, l'idée de faire de l'existence posthume non plus seulement la prolongation imaginaire de l'existence terrestre, mais la sanction de cette existence : une récompense ou un châtiment.

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