Ibid. Ut. I, ch. n
ce qui donnait une impression de grandeur ou de force : les vents, les grandes montagnes, les grands fleuvesS la lerre nourricière, le feu, le maïs, les fruits et légumes. Les Péruviens du littoral adoraient la mer (Mamacocha, mère), la baleine, certains poissons; ils croyaient à Texistence dans le ciel d'un poisson-esprit, qui généreusement leur envoyait ses enfants, les sardines, les raies, les dorades, etc., pour leur servir de nourriture*.
Mais le dieu des dieux était le Soleil, divinisé d'ailleurs à peu près par tous les Indiens de l'Amérique. Au Pérou, on attribuait la fondation de la religion solaire à Manco- Capac, rinca légendaire, qui Pavait imposée, ordonnée, en affirmant que les arbres, animaux, etc., n'étaient que les créatures de Pasire-roi. La foudre, les éclairs devinrent facilement les serviteurs, les exécuteurs de la justice solaire; aussi les lieux foudroyés étaient-ils réputés maudits^ Les souverains, les Incas, jouissant d'un pouvoir prestigieux, furent considérés, comme la descendance du Soleil et on leur rendit les honneurs divins^, en confondant à peu près le monarque du ciel avec celui de la terre. Le plus ancien temple solaire était situé dans l'île de Titicaca, d*où la race royale passait aussi pour être isssue^
Nous avons vu, dans les tribus sauvages, la qualité de sorcier doubler souvent celle de chef et donner ainsi au titu* laire un prestige considérable. Au Pérou, l'identification du souverain et de la divinité était presque complète, et il en était résulté la monarchie la plus absolue que l'on puisse rêver*. Même les membres de l'énorme famille dos Incas