Voir mon Évolution poliiiqtie
U RELIGION DES GRANDS EMPIRES AMÉRICAINS. 2i1
étaient tenus pour des êtres d'une essence supérieure, et mettre l'un d'eux en colère était un sacrilège*. Le Soleil, celui du ciel, ne perdait jamais de vue son fils terrestre et, quand il lui plaisait de le rappeler à lui, il lui expédiait des messagers spéciaux, c'est-à-dire des maladies personnifiées, des espritspathologiques^ Desoncôté,rinca,cethomme-dieu, devait se conduire respectueusement vis-à-vis de son père céleste; il n'avait pas le droit, par exemple, de le regarder trop longtemps, et, pour avoir commis c^tte irrévérence, Tlnca Huayna- Capac se fit rappeler à Tordre par le grand prêtre. S'il arrivait que le Soleil, l'Inca céleste, eût besoin de Taire à son fils terrestre une communication toute particulière, il lui dépêchait à cet effet un dieu de second ordre. Ainsi Viracocha, le dieu de la mer, apparut un jour au fils de l'Inca Yahuarhuanac, appela le jeune homme « son neveu », lui dit qu'il était envoyé par le Soleil et lui annonça qu'une révolte allait bientôt éclater".
Parmi les autres divinités principales du Pérou, il faut citer encore un dieu malveillant et malfaisant, Cupay, qu'on ne nommait jamais sans cracher à terre*. A deux Incas vint, parait-il, l'idée d'un dieu invisible, plus puissant que le Soleil lui même. En 1440, l'Inca Tupac-Yupangui, en consacrant un temple à Cuzco, proclama, dit-on, une divinité nouvelle, IllaticùViracocha'PachacamaCf dominant le Soleil, et à ce dieu suprême il éleva, à Callao, un temple sans image*. Cette divinité toute-puissante aurait même été créatrice*; son nom principal viendrait de pacha^ monde, et camac, animer. Ce nom sacré, on ne le devait prononcer qu'en s'inclinant^
i. Garcilasso. Loc. cit. liv. Il, ch. xv, 224.