V. — LE CULTE
Dans son essence, et malgré la somptuosité des temples et la haute situation du clergé, le culte péruvien s'accordait avec Tanimisme de toute la religion. A part les féroces tribus des Antis, originaires du Mexique^ les Péruviens ne pratiquaient plus les sacrifices humains. Pourtant la trace de ces sauvages coutumes persistait encore dans leurs agissements religieux. On offrait souvent aux dieux du sang, que Ton se tirait des bras et des cuisses^ A Cuzco, ce sang se prenait dans l'espace intersourcilier et, soigneusement reçu sur une masse de pain ou plutôt de pâte alimentaire, il était ensuite offert aux dieux' : symbolisme anthropophagique qui se rapportait évidemment à d'anciennes et cruelles mœurs abandonnées.
Les offrandes ordinaires étaient de genre alimentaire. C'étaient des lamas, souvent toute une portée de lamas nouveaunés, des lapins privés, qu'on appelait coy, des oiseaux comestibles, par exemple des perdrix, des épis de maïs, des légumes, de l'herbe coca, de la chicha ou bière de maïs, qu'on offrait symboliquement, en trempant son doigt dans le breuvage, secouant la goutte qui y restait suspendue et donnant à l'air plusieurs baisers. On offrait en outre des habits de fines étoffes. Les animaux étaient égoi^ës ou brûlés; les objets toujours détruits par le feu*. En entrant dans un temple, on faisait semblant de s'arracher un poil des sourcils et de le souffler en ^air^ Le poil simulait sans doute Toffrande symbolique de toute la personne. Dans des occasions solen-