Ibid. liv. I, ch. xii
Sur Torigineet les aventures des dieux mexicains il courait des légendes, qui rappellent assez celles de la Polynésie. Un jour, dit une de ces légendes, les dieux s'assemblèrent et se demandèrent : « Qui doit gouverner? Qui doit Être le soleil?.... Puis le Soleil naquit et tous les dieux moururent »^ Une autre légende raconte la naissance de Uitzilopochlli (oiseau-mouche, côté gauche), dieu de la guerre, sorte d'Hercule*. Pendant qu'une femme, nommée Coatlicue (de coatU serpent) s'occupait à balayer, une petite boule de plumes tomba sur elle. Coatlicue prit la boule, la mit sur son ventre et devint aussitôt grosse par immaculée conception. Proscrite néanmoins pour sa mauvaise conduite supposée, cette femme se sauva et fut poursuivie par les Indiens. Chemin faisant, l'enfant dont elle était enceinte Tencourageait : « N'aie aucune crainte. Je sais ce que j'ai à faire ». De temps en temps, ce fœtus merveilleux, VUzUopochtlù demandait à sa mère éplorée : « Où sont-ils? ». Puis, au moment où la fugitive allait être atteinte, Uilzilopochtli naquit, la tète ornée de plumes, les cuisses et les bras peints, portant une rondache bleue d'une main, un dard de l'autre, et il tua presque tous les Indiens qui avaient poursuivi sa mère'. Rien de plus naïf que tous ces dieux, de plus enfantin que ces mythes. C'est qu'au Mexique, comme au Pérou, la civilisation générale était plus développée que la religion; mais cette disparité est un fait à peu près constant dans tous les temps et dans tous les pays; puisque toutes les religions constituées élèvent d'abord une prétention, à laquelle elles se cramponnent désespérément : celle d'être immuables.