BuUock. Hi$t, univ. voy. vol. XLI
5. Ch. Letourneau BuU. Soc.d'mtftropolifgU, iSSb, i8S7. . . .
232 L'ÉyOLUTION RELIGIEUSE.
dieu ou son idole, remplaçait simplement le guerrier vainqueur et on lui offrait le morceau qui lui était dû.
Des sacrifices de ce genre se pratiquaient en l'honneur de la plupart des dieux, dont j'ai donné l'énumération, mais quelquefois avec des raffinements. Ainsi, à la fête de Xipe- Totec, dieu de la variole, de la gale, etc., on célébrait un tournoi, durant lequel les partisans de la divinité se couvraient de peaux d'hommes fraîchement écorchés^
Ces pieuses horreurs étaient fréquentes; car les dieux étaient nombreux et les fêtes Tétaient encore plus. Aux fêtes de Tlaloc, le dieu de la pluie, quantité d'enfants à la mamelle étaient immolés sur les montagnes ou noyés dans le lac de Mexico^. Chaque mois lunaire avait ses jours de fête; chaque dieu avait aussi la sienne ou les siennes; mais à lui seul, le farouche Uitzilopochtli en avait trois, chaque année'. Chacune de ces fêtes s'accompagnait de musique, de processions, de danses, dont le coryphée portait parfois la tête de la victime, si, comme il arrivait souvent pour la plupart des dieux et toujours pour Uitzilopochtli, il y avait eu sacrifice humain \ Mais les captifs n'étaient pas toujours égorgés selon le rituel précédemment indiqué; ils étaient parfois noyés, précipités, brûlés vifs*.
Pour célébrer la fête de Titla-canany le dieu des dieux, on pratiquait un sacrifice raffiné, celui d'un jeune homme nourri pendant une année au milieu de toutes les délices imaginables. Quelques jours avant d'être mené au supplice, ce captif, si choyé, jouissait de la société des plus grands personnages. Puis, au moment de l'exécution, pendant qu'il marchait au téocalli pour y être immolé, les quatre femmes