Ibid. II
LA RELIGION DES MONGOLS ET MONGOLOÏDES ASIATIQUES. m
nous commençons à être bhsés sur ces primitives aberrations de l'esprit iiumain. Ce qui est surtout intéressant, c'est la persistance de ces croyances,, que Ton peut appeler primaires, à côté de l'Islamisme propagé, imposé, dans la Halaisie par les dominatcui^s arabes. Mais, en tout pays, cliacun se crée quand même une religion à la taille de son esprit.
En Indo-Chine, le Bouddhisme, établi depuis déjà bien des siècles, n'a pas réussi non plus à déraciner nombre d'anciennes pratiques. Ainsi, à Siam, la découverte d'un éléphantblanc est encore tenue pour un événement d'importance. Le découvreur reçoit comme récompense une couronne d'argent et une étendue de terrain mesurée par la distance d'où peut s'entendre le cri d'un éléphant; en outre, lui et sa famille sont déclarés exempts de taxes et de servitude jusqu'à la troisième génération^ Les Siamois supposent, en effet, que l'éléphant albinos est toujours habité par le double ci'un roi. Sans doute ces réincarnations animales sont bien conformes à la doctrine bouddhique; mais elles ne lui sont pas particulières et celle dont je viens de parler a bien certainement une origine locale.
Un voyageur français* nous a conservé un bout de dia* logue entre un mandarin siamois et un messager annonçant la découverte d'un éléphant de couleur royale. Ce dialogue ne manque pas de saveur et vaut d*être conservé : « Le mandarin. Heureux événement! Avez-vous, 6 Nai Houet! été favorisé de la vue du saint éléphant? — Le messager. Illustre seigneur, que n'en est-il ainsi ! Mais je ne le connais que par la proclamation de l'auguste Thao-Phaja, de Kôrat, dont je reçois les ordres, moi cheveu. Il a déclaré avoir reconnu un éléphant mâle, de noble race, marqué de tous